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La vie dans les quartiers…

December 4th, 2005 · Commenter (Pas de commentaire)

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Collectif des Habitants de La Goutte d’Or – Barbès – Château Rouge – La Chapelle Contacts : tél. 0680333724 courriel : sauvons_lagouttedor@yahoo.fr

Compte rendu annuel de Mandat de M. Bertrand Delanoë, Maire de Paris. Mairie du XVIIIème – 21/11/2005 – 20h

Notre Collectif avait appelé les habitants et les commerçants de La Goutte d’Or – Barbès – Château Rouge – La Chapelle à venir protester à nouveau contre les politiques d’abandon dont nous sommes victimes, durant le compte rendu annuel de mandature de Monsieur Bertrand Delanoë à la Mairie du XVIIIème.

Malgré un filtrage quasi policier exercé contre les porteurs de tracts et une distribution de la parole enrégimentée (pas de micros baladeurs dans la salle mais deux micros fixes derrière lesquels les candidats à la prise de parole devaient faire la queue, interventions interrompues par M. Vaillant…), nous nous sommes retrouvés assez nombreux à l’extérieur pour distribuer nos tracts, et à l’intérieur pour interpeller les élus de Paris et de notre arrondissement, en particulier sur la concentration des problèmes, la fixation des trafics et de la toxicomanie qui s’étalent dans nos rues, au beau milieu des écoles, des lieux de cultes et des commerces, dans l’indifférence générale des pouvoirs publics.

Comme de coutume, c’est dans une salle composée en majorité de sympathisants inconditionnels de la Mairie et de militants associatifs financés par la Municipalité, que cinq personnes (les autres n’ayant pas pu accéder au micro) de notre collectif ont pu prendre la parole pour « poser brièvement leurs questions », comme l’a constamment rappelé le Maire du XVIIIème, toujours soucieux de border une démocratie locale qui risquerait de devenir trop expressive.

Trois interventions des membres du Collectif des Habitants ont rappelé que nous venions de faire parvenir au Préfet et au Maire de Paris, au Préfet de Police et au Maire du XVIIIème des pétitions signées par 1500 personnes, dont plus de 300 commerçants et plus de 500 parents d’élèves résidant ou scolarisant leur enfants dans la partie ghettoïsée du XVIIIème arrondissement, pour refuser la création par
l’Association « Espoir Goutte d’OR » (EGO) d’un sixième centre d’accueil pour toxicomanes, à proximité de 8 établissements scolaires, de squares, de commerces et de lieux de cultes. Ils ont dénoncé cet « abus de faiblesse » de la part des autorités municipales et gouvernementales, contre des habitants et des professionnels déjà surchargés de difficultés et qui refusent que leurs quartiers soient utilisé comme l’abcès de fixation des problèmes dont le reste de la Capitale ne veut pas partager la charge. Ils ont souligné l’originalité de cette pétition qui a permis à des habitants d’exprimer leur avis, alors qu’ils n’ont habituellement pas l’occasion de le faire et ont proposé qu’un référendum soit organisé dans cette partie de l’arrondissement, pour que les gens se prononcent démocratiquement sur l’opportunité d’une telle concentration de structures d’accueil et de dérives en tous genres.

Une intervenante a dénoncé l’état lamentable du Centre de Protection Maternelle et Infantile, de la rue Philippe de Girard, situé lui aussi à proximité de deux centres d’accueil pour toxicomanes.

Un autre s’est insurgé contre le changement des statuts de l’association EGO qui prévoit, à l’occasion du projet de création de son nouveau centre de soins pour toxicomanes, d’instituer dans le local commercial privé et dans sa cave, loué rue Saint Mathieu par la Préfecture de Paris, avec l’aide de la Mairie du XVIIIème, des « pratiques expérimentales et innovantes dans le domaine de la consommation des drogues » (sic) et d’y accueillir plus de 10000 toxicomanes par an, dont 50% d’entre eux sont reconnus comme des malades psychiatriques lourds, et le tout au milieu des écoles, des commerces et des lieux de cultes. Il a alors demandé la délocalisation de telles structures d’accueil, toutes concentrées à l’Est du Bld Barbès, vers les Hôpitaux Lariboisière et Fernand Vidal ou autres, pour que ces malades aient, comme tout le monde, la possibilité de recevoir de véritables soins, dispensés par des professionnels de santé, dans des Services Publics.

Ont été dénoncées également les terribles nuisances que les riverains, notamment ceux de la rue Myrha, subissent jour et nuit, occasionnées par la prostitution et la toxicomanie : cris, bagarres, agressions, saleté et déjections de toutes sortes ainsi que la politique de ghetto, volontairement menée par les responsables politiques, dans ces quartiers, qui détiennent, dans la Capitale, le record absolu de problèmes.

Notre Collectif a également déploré les difficultés et la disparition du petit commerce et de l’artisanat : il a demandé instamment aux autorités que ces activités soient immédiatement soutenues et relancées, en particulier dans les locaux vides au pied des immeubles neufs. Il a demandé, en s’adressant aussi bien aux conseillers de la Majorité qu’à l’équipe municipale en place, si les responsables comptaient utiliser la loi, parue au Journal officiel du mois d’août 2005, offrant des moyens légaux pour renforcer le petit commerce et l’artisanat. Il a également demandé quand le décret d’application de cette loi serait publié.

D’autres intervenants ont interpellé le Maire de Paris sur les aides financières aux associations, sur la culture, sur les problèmes
d’accessibilité des handicapés, les stationnements sauvages des autocars de tourisme dans les nouveaux couloirs de bus, la mise en place, tous les dimanches, du « quartier vert » des Abbesses, où Monsieur le Maire aime se promener régulièrement, pour y rencontrer ses amis, tandis qu’il ne se rend dans le quartier Goutte d’Or que tous les 6 mois, pour suivre l’état des travaux en cours.

A toutes ces questions le Maire de Paris, plus soucieux de correction rhétorique que de décisions concrètes, a eu des réponses convenues allant dans le sens de la défense de son bilan et s’est montré dubitatif devant la pertinence et la vivacité des interpellations. Reprenant le thème de la toxicomanie, il n’a pas fermé la porte à nos problèmes et revendications en déclarant qu’il « comprenait l’exaspération des habitants d’un quartier surchargé de difficultés » mais n’a pour l’instant proposé aucune solutions effectives pour sortir du chaos actuel.

Le combat continue donc…

Collectif des Habitants de La Goutte d’Or – Château Rouge – Barbès – La Chapelle – Marcadet sauvons_lagouttedor@yahoo.fr Tél. 0680333724



Tags: Politique · Société

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