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Un Noir + un Juif + un Arabe = un Blanc mort

December 8th, 2006 · Commenter (Pas de commentaire)

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Editorial du dernier n° Gri-gri international, une revue satirique africaine

Comme un décor, l’antiracisme vient d’accoucher de son envers. La dernière fable offerte aux abords du Parc des Princes, à Paris, par les dieux du Stade vient symboliquement déposer le bilan d’une idéologie n’ayant jamais été que l’idiote utile du communautarisme libéral.

Jeudi 23 novembre. Paris. PSG vient de perdre en coupe de l’UEFA contre la modeste équipe israélienne de Tel Aviv. Et oui, il y a des équipes israéliennes en coupe d’Europe… Pendant la seconde mi-temps, le public parisien a sifflé PSG et applaudi les Israéliens. Ils sont comme ça, les supporters parisiens : ils insultent leur équipe quand elle est nulle, plutôt que celle d’en face lorsqu’elle joue bien.

Après le match, en dehors du stade, un flic antillais – Antoine Granomort, déjà entendu pour escroquerie sur son beau-père (après avoir fait croire à un viol en réunion pour l’obliger à siphonner la carte bleue de celui-ci) -, protégeant un supporter de Tel-Aviv – les médias disent « Juif », car c’est synonyme -, tire sur un supporter du PSG qu’il blesse grièvement – on apprendra son prénom, Mounir, plus tard -, puis sur un autre, Julien Quemener – nazi, puisque breton, donc proche des idées du FN -, qui succombe.

L’allégorie absolue du combat antiraciste : en protégeant un pauvre petit supporter juif, un flic ethnique bute un sale prolo Blanc.

SOS Racisme essuie une larme d’émotion. Mieux que le Heysel : le mort n’est même pas un innocent ! L’allégorie absolue du combat antiraciste : en protégeant un pauvre petit supporter juif, un flic ethnique bute un sale prolo blanc raciste et antisémite.

Le lendemain, à Saint-Germain, où s’entraînent les Parisiens, des supporters prennent à partie les responsables d’une défaite humiliante, que rend plus amère encore la mort d’un des leurs : les joueurs. Un grand Noir se jette sur Bernard Mendy (sans souscrire à la méthode, il est évident qu’il s’est attaqué là à un des vrais problèmes du PSG). Premier accroc à la thèse de l’antiraciste dommage collatéral.

Très vite, on apprend le passé du flic. Second accroc. S’il n’a jamais été suspendu, malgré l’escroquerie avouée, c’est « parce qu’il n’avait pas agi en qualité de policier », indique sa hiérarchie !

Sort enfin, troisième accroc, le prénom du supporter blessé : Mounir ! Un Arabe bien de chez nous (tout aussi capable qu’un Blanc du « Sale Noir ! » enregistré par les caméras de surveillance) ! Plutôt que d’alléguer, enquêtons. Sur les faits et protagonistes. Puis sur les causes réelles d’une violence qui jusque-là ne débordait pas du stade.

C’est bien beau de virer – de force ou de fait (en pratiquant des prix prohibitifs comme en Angleterre) – les supporters désagréables à l’œil. Mais pour les mettre où ? Pourquoi stigmatiser leur violence – après celle des banlieusards -, et jamais celle des paysans, des pompiers ? Pourquoi ne pas voir en celle des supporters une réponse à la brutalité d’un système économique, politique et médiatique dont ils sont eux aussi victimes ? La « libre circulation » des joueurs mercenaires, n’est-ce pas aussi une conséquence de la mondialisation ?

Pas impossible que la mort du jeune Quemener ne soit un signe… Mais pas sur le plan du racisme. Sur ce terrain-là, malheureusement, le score est net : 1 Noir + 1 Juif + 1 Arabe = 1 Blanc mort. Et si c’était ça, le vrai résultat de vingt années d’antiracisme en France ?



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