Chronique hebdomadaire de Philippe Randa
Quel qu’ait été son vote dimanche dernier, que l’on soit soulagé, satisfait, mécontent ou effondré de l’élection de Nicolas Sarkozy, force est de constater – et personne ne le nie, semble-t-il – que la France est entrée dans une nouvelle ère politique. Les cartes ont été redistribuées. Rien ne va pas plus ? Plus comme avant, en tout cas.
Dimanche soir, une petite phrase d’un responsable socialiste (Laurent Fabius, sauf erreur) n’a pas fait réagir grand monde. Elle est pourtant significative. Pour la première fois depuis si longtemps, un candidat a été confortablement élu en tenant un discours de droite, sans concession aucune à celui de gauche et sans mendier entre les deux tours les voix du Centre comme, vainement, la candidate socialiste…
On n’avait pas vu cela depuis… plus d’un tiers de siècle ! Valéry Giscard d’Estaing n’affirmait-il pas alors péremptoirement en 1974 : « La France veut être gouverné au centre »… avec le succès que l’on sait car elle n’a été gouvernée depuis lors qu’à gauche ou que parfois un peu moins à gauche, mais toujours sous l’implacable férule d’un impitoyable terrorisme intellectuel.
Depuis les années soixante-dix, rappelons-nous, quel homme ou femme politique du RPR ou de l’UDF d’alors osait-il s’affirmer de droite ? Aucun ! Et tous se défendaient comme de beaux diables aspergés d’eau bénite quand la gauche, sûre d’elle-même et si dominatrice dans les esprits, les désignaient comme tels.
Jusqu’au début du XXe siècle, seul le Front National osait se déclarer de « droite nationale, ce qui valut aussitôt à à ses responsables d’être brocardés d’« extrémisme », alors qu’on chercherait en vain encore ce que leurs propos ou leur programme a jamais contenu de tel !
En tout cas pas davantage – voir même moins – que le discours du nouveau président de la République qui s’est fait une douteuse réputation en menaçant de « passer le karscher » dans les banlieues à problème… ou sa concurrente socialiste qui a surenchéri en proposant d’y expédier l’armée pour faire un travail qui, vu les résultats peu significatifs de celui qui n’était encore que Ministre de l’Intérieur, semblait trop au-dessus des possibilités de sa police.
Jean-Marie Le Pen, dédiabolisé depuis sa qualification au second tour de la précédente élection présidentielle, a expliqué qu’il n’avait jamais été d’extrême droite, mais qu’il était resté « à droite » alors que la société s’était « gauchisée » trente ans durant.
Aujourd’hui, elle s’est officiellement et très brutalement « droitisée ». Le discours du leader du Front national ne s’est pas « gauchisé » pour autant comme on l’a dit, il s’est seulement fait dépasser par un vrai extrémiste… dans le discours en tout cas !
Preuve s’il en est que dimanche dernier, le terrorisme intellectuel de la gauche a définitivement vécu. Reconnaissons cela à la campagne menée par le vainqueur du scrutin.


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