AMI France
AMI France: En ces temps d'imposture universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire (G. Orwell)


Quand Attali annonce l’hallali de l’empire américain…

December 18th, 2007 · Commenter (1 Commentaire)

Email This Post Print This Post

Jacques Attali intitule son intervention sur son blog (http://blogs.lexpress.fr/attali/) en date du 12 décembre 2007 « la fin du dollar ». Fait hautement significatif pour ce « scribe des grands de ce monde » qui n’a jamais fait économie ni discrétion de son culte du mondialisme et de sa foi atlantiste. Il renfonce le clou une nouvelle fois dans un entretien paru dans le « Journal du Dimanche » le 16 décembre.

Que dit-il ? Il ne fait que répéter tout haut ce qui se raconte tout bas au sein de la sphère financière : le dollar est en train de vivre ces derniers instants en tant que monnaie unique des échanges internationaux et le centre de gravité de l’économie mondiale se déplace insensiblement des Etats-Unis vers la Chine.

Ainsi, il se plait à citer l’exemple de Jim Rogers, ancien associé de George Soros dans le fond Quantum, qui vient d’annoncer qu’il vendait sa magnifique résidence de Riverside Drive à New York, et qu’il convertissait ses actifs en yuan chinois. Ce dernier déclare : « Je déménage en Asie, (à Shanghai, Canton ou Hong Kong), parce que c’est faire comme ceux qui sont venus habiter à New York en 1907 ou à Londres en 1807. C’est la vague de l’avenir ».

Le mécanisme est aussi simple que pervers : la puissance économique américaine, et sa capacité à tirer la croissance mondiale, reposait sur sa faculté à financer ses déficits commerciaux abyssaux par sa dette, elle-même adossée sur la crédibilité de son système financier et la solidité de monnaie.

Hors, la crise des « subprimes » vient de démontrer au monde la fragilité du système bancaire américain, englué dans des « créances pourries », et la baisse continue du dollar fait craindre au détenteur de cette devise de voir la valeur de leurs actifs fondre comme neige au soleil. Conclusion, laissée à Jacques Attali : « Bientôt, les fonds souverains des pays pétroliers, qui détiennent 2, 5 trillions de dollars, en (les dollars) convertiront une grande partie en d’autres devises, dont l’euro. Et les investisseurs américains commencent, eux aussi, à acheter des titres étrangers. » Notre prévisionniste y voit un risque majeur d’effondrement global de Wall Street – plus personne n’ayant confiance en l’économie américaine – dont les conséquences s’étendront à l’économie mondiale privée de sa « formidable machine à consommer. »

Les conséquences de tout cela sont pour le moins détonantes : à moins que le prochain président des Etats-Unis ne décide de refroidir l’économie américaine avec des remèdes de cheval – augmentations des impôts, incitation forte à l’épargne, mesures entrainant une forte réduction du niveau de vie – ce dernier n’aura pour échappatoire que de faire porter le chapeau à l’étranger via des mesures protectionnistes. Attali se plait alors à rappeler les exemples historiques des fins des empires britanniques et hollandais… en en concluant que « chaque fois, une récession et une guerre ont servi d’accoucheurs de l’avenir. »

Conclusion révélatrice que nous vivons bien un changement d’époque, celui de la fin de l’après-guerre de la seconde guerre mondiale pour le monde occidental avec son système économique et financier organisé autour de la « Pax Americana ». Le grand vent de l’Histoire se réveille : soyons-en à la hauteur.

Callibos



Tags: General · International

1 response so far ↓

  • 1 euskal // Dec 18, 2007 at 3:46

    D’autres sont passés par là avant Jacques Attali. Je pense à Emmanuel TODD dans son livre édité en 2002 : “Après l’empire. Essai sur la décomposition du système américain”.