Le responsable des Amitiés franco-irakiennes, Gilles Munier, mis en examen dans le cadre de l’enquête sur les malversations présumées liées au programme « pétrole contre nourriture » en Irak, a indiqué mardi devoir payer 80.000 euros de caution pour rester en liberté.
« Je dois verser 80.000 euros en quatre fois pour éviter la prison. C’est une très grosse somme pour moi », a déclaré à l’AFP M. Munier, 60 ans, mis en examen par le juge Philippe Courroye jeudi, après deux jours de garde à vue à la brigade de répression de la délinquance économique (BRDE).
Dans cette enquête sur le volet français de l’affaire, le secrétaire général de l’association des Amitiés franco-irakiennes est poursuivi pour « trafic d’influence passif » et « corruption d’agents publics étrangers ». Son passeport lui a été confisqué.
Le magistrat soupçonne M. Munier d’avoir bénéficié de largesses du régime de Saddam Hussein sous forme de bons d’achats de pétrole ou « allocations » entre 1996 et 2003.
« Ce qui est en cause, c’est que la société de courtage pétrolier Aredio, dont j’ai plaidé la cause auprès des dirigeants irakiens en 1998 pour qu’elle puisse retirer légalement du pétrole, avec l’aval de l’ONU, et qui a aidé notre association, aurait reversé 7 cents (de dollar) par baril sur un compte du gouvernement irakien à l’étranger. Ce compte était illégal au regard des résolutions de l’ONU », a précisé à l’AFP M. Munier.
Jean-Loup Michel, gérant d’Aredio, s’est donné la mort fin juillet 2005 en raison de cette affaire, a rappelé M. Munier.
« Il m’est reproché d’avoir milité pour la levée de l’embargo (imposé en 1990 après l’invasion du Koweït, ndrl). Or, les statuts de mon association avaient cet objectif, partagé par la France, la Russie, le Vatican et de très nombreux pays », a-t-il ajouté.
Il conteste s’être enrichi personnellement.
M. Munier est l’une des onze personnalités françaises susceptibles d’avoir bénéficié de ces avantages en échange de son soutien au régime irakien, d’où la mise en cause pour « trafic d’influence ».
Parmi ces personnalités figurent Serge Boidevaix, ancien secrétaire général du quai d’Orsay, Bernard Guillet, ex-conseiller diplomatique de l’ancien ministre de l’Intérieur Charles Pasqua et l’homme d’affaires Claude Kaspereit.
Une quinzaine d’autres personnalités pourraient être impliquées, selon des sources proches du dossier, dont des dirigeants de Total et des diplomates.


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