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Moins de chômeurs mais combien de stagiaires?

March 29th, 2007 · Commenter (Pas de commentaire)

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Communiqué de presse de Génération précaire

L’Insee livre enfin des estimations provisoires du chômage à la fin février 2007: 8,4%, soit un chiffre en baisse… Rappelons tout de même que, selon une note anonyme de deux administrateurs de l’Insee et d’un salarié syndicaliste de l’ANPE, révélée par Le Monde le 6 mars dernier, le taux de chômage devrait être réévalué de 0,8 point en 2006, s’établissant donc à 9,4% et non à 8,6%…

Qui comptabilise-t-on dans ces chiffres? Certainement pas les précaires en tous genres, et en particulier les stagiaires, hybrides mi-étudiants mi-travailleurs, qui n’apparaissent nulle part dans les statistiques.

Le dernier chiffre donné par le Conseil Économique et Social (CES) date de 2005 et parle de 800 000 stagiaires. Selon ce calcul, les stagiaires représenteraient 4% de la population active. Combien sont-ils réellement aujourd’hui? Les offres de stage remplacent de plus en plus les offres d’emploi sur Internet. On peut ainsi évaluer à près de 100 000 les emplois camouflés sous des stages. Personne ne semble s’en inquiéter.

Génération Précaire demande au gouvernement Villepin de tenir ses promesses et d’établir le nombre de stagiaires en France aujourd’hui. Dans le Préambule à la Charte des stages étudiants en entreprise signée le 26 avril 2006 par les services de l’État, les représentants des entreprises, les représentants des établissements d’enseignement supérieur, et les représentants des étudiants, l’État s’engage à « mettre en place un dispositif de suivi statistique sur les stages ». Où est-il?

De même, Génération Précaire a demandé aux inscrits de sa newsletter de s’adresser directement par mail aux cabinets du Premier Ministre et du Ministre délégué à l’emploi, au travail, et à l’insertion professionnelle des jeunes, pour leur rappeler leur engagement dans la Loi pour l’égalité des chances: « Lorsque la durée du stage est supérieure à trois mois consécutifs, celui-ci fait l’objet d’une gratification dont le montant peut être fixé par convention de branche ou par accord professionnel étendu ou, à défaut, par décret. » (LOI n° 2006-396 du 31 mars 2006, art.9). À l’heure actuelle, il n’y a que deux accords professionnels conclus et toujours aucun décret établissant un plancher de rémunération pour les stages supérieurs à trois mois.

La réponse des politiques au chômage des jeunes s’adresse la plupart du temps aux jeunes sans diplôme. Aujourd’hui en France, on compte plus de 2 millions et demi d’étudiants: le temps n’est-il pas venu de s’intéresser à eux aussi ? Peut-on les laisser faire des stages jusqu’à plus de 30 ans, sans cotiser ni au chômage, ni à la retraite ? Peut-on laisser les entreprises profiter impunément de cette manne de travailleurs qualifiés quasi gratuits, qui cassent le marché? Le chômage des Bac + 3, Bac + 5 et plus, est un tabou qu’il faut briser: les stages ne peuvent pas le camoufler éternellement.

Qu’en disent Sarkozy, Royal et Bayrou? Leur silence radio à ce sujet est pour le moins inquiétant. Le débat électoral est muet sur les stagiaires et l’emploi des jeunes diplômés. Il en va pourtant de l’avenir des jeunes et de la France.

Contrairement à ce qu’on veut nous faire croire, le problème des stages perdure: il tue l’emploi des jeunes chaque jour.



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