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Les outils de la mondialisation: la Trilatérale

August 10th, 2009 · Commenter (3 Commentaires)

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kissinger_owlDirigeants des multinationales, gouvernants des pays riches et partisans du libéralisme économique ont vite compris qu’ils devaient se concerter s’ils voulaient imposer leur vision du monde. Dès juillet 1973, dans un monde alors bipolaire, David Rockefeller lance la Commission trilatérale, qui va marquer le point de départ de la guerre idéologique moderne. Moins médiatisée que le forum de Davos, elle demeure très active, au travers d’un réseau d’influences aux multiples ramifications.

La Commission Trilatérale (parfois abrégée en Trilatérale) est une organisation privée qui fut créée en 1973 à l’initiative des principaux dirigeants du groupe Bilderberg et du Council on Foreign Relations, parmi lesquels David Rockefeller, Henry Kissinger et Zbigniew Brzezinski. Regroupant 300 à 400 personnalités parmi les plus distinguées et influentes – hommes d’affaires, politiciens, décideurs, “intellectuels” – de l’Europe occidentale, de l’Amérique du Nord et de l’Asie Pacifique (États dont la plupart sont également membres de l’OCDE), son but est de promouvoir et construire une coopération politique et économique entre ces trois zones clés du monde, pôles de la Triade. A l’instar du groupe Bilderberg, il s’agit d’un groupe partisan de la doctrine mondialiste, responsable en partie de l’orchestration de la mondialisation économique.

Fondation

L’idée de la création de cette organisation fut initialement émise en juin 1972 par David Rockefeller, lequel fut rapidement rejoint par Zbigniew Brzezinski. La Commission Trilatérale fut officiellement créée à Tokyo le 1er juillet 1973. A cette époque, le leadership mondial des États-Unis commençait à être fragilisé dans le secteur industriel et commercial par les performances de l’Allemagne et du Japon, tandis que s’amorçaient la crise économique due à la hausse du prix du pétrole et la crise monétaire due à l’abandon du système de Bretton Woods – les États-Unis étant à la source de ces deux phénomènes. L’idée était de substituer au leadership américain un partnership trilatéral.

Dans sa brochure “Présentation de la Trilatérale par la Trilatérale” émise en 1977, la Commission se définit elle-même comme « une organisation orientée vers la prise de décision » entre les « démocraties industrielles », définies comme « une communauté ayant son identité propre et constituant un enjeu vital ». Le document précise que le système de l’après-guerre était dépassé (« une puissance était prédominante tandis que les autres lui étaient étroitement associées »), et qu’il était nécessaire de « promouvoir un ordre international plus équitable », en mettant en place un « travail en commun entre les régions trilatérales, la Commission devant générer le contexte favorable à la concrétisation de cet effort ».

La Commission entend alors devenir un organe privé de concertation et d’orientation de la politique internationale des pays de la triade (Etats-Unis, Europe, Japon). Sa charte fondatrice résume : « Centrée sur l’analyse des enjeux majeurs auxquels font face l’Amérique du Nord, l’Europe de l’Ouest et le Japon, la Commission s’attache à développer des propositions pratiques pour une action conjointe. Les membres de la Commission regroupent plus de 200 distingués citoyens provenant des trois régions et engagés dans différents domaines. »

Orientations:

Les thèmes débattus au sein de cette oligarchie de la politique internationale, dont les réunions annuelles se déroulent en différentes villes de la Triade, le sont dans une discrétion qu’aucun média ne semble plus vouloir troubler. Chaque sujet fait l’objet de rapports annuels (The Trialogue) et de travaux thématiques (Triangle Papers) réalisés par des équipes d’experts américains, européens et japonais triés sur le volet. Edités régulièrement depuis une trentaine d’années, ces documents publics traduisent l’attention de la Trilatérale à des problèmes globaux censés transcender les souverainetés nationales et appeler l’intervention des pays riches : réforme des institutions internationales, mondialisation des marchés, environnement, finance internationale, libéralisation des économies, régionalisation des échanges, rapports Est-Ouest (surtout au début), endettement des pays pauvres, etc.

Ces interventions s’articulent autour de quelques idées fondatrices qui ont été largement relayées par le politique. La première est la nécessité d’un « nouvel ordre international ». Le cadre national serait trop étroit pour traiter des grands enjeux mondiaux dont la « complexité » et l’« interdépendance » sont sans cesse réaffirmées. Une telle analyse justifie et légitime les activités de la Commission, à la fois observatoire privilégié et contremaître de cette nouvelle architecture internationale.

Les attentats du 11 septembre 2001 ont fourni une nouvelle occasion de rappeler, lors de la rencontre de Washington en avril 2002, la nécessité d’un « ordre international » et d’« une réponse globale » auxquels les principaux dirigeants de la planète sont enjoints de collaborer sous la houlette américaine. Lors de cette réunion annuelle de la Trilatérale, MM. Colin Powell (secrétaire d’Etat américain), Donald Rumsfeld (secrétaire à la défense), Richard Cheney (vice-président) et Alan Greenspan (président de la Réserve fédérale) étaient présents.

La seconde idée fondatrice, qui découle de la première, est le rôle tutélaire des pays de la triade, en particulier des Etats-Unis, dans la réforme du système international. Les pays riches sont invités à s’exprimer d’une seule voix et à unir leurs efforts dans une mission destinée à promouvoir la « stabilité » de la planète grâce à la généralisation du modèle économique dominant. Les démocraties libérales sont le « centre vital » de l’économie, de la finance et de la technologie. Ce centre, les autres pays devront l’intégrer en acceptant le commandement qu’il s’est donné. L’unilatéralisme américain paraît cependant avoir mis à épreuve la cohésion des pays de la triade. Leurs dissensions s’expriment dans les débats de la Commission. Ainsi, dans son discours du 6 avril 2002, lors de la réunion évoquée plus haut, M. Colin Powell a défendu la position américaine sur les principaux points de discorde avec le reste du monde : refus de signer les accords de Kyoto, opposition à la création d’une cour pénale internationale, analyse de « l’axe du Mal », intervention américaine en Irak, appui à la politique israélienne, etc.

L’hégémonie des démocraties libérales conforte la foi dans les vertus de la mondialisation et de la libéralisation des économies qui s’exprime dans le discours de la trilatérale. La mondialisation financière et le développement des échanges internationaux seraient au service du progrès et de l’amélioration des conditions de vie du plus grand nombre. Or elles supposent la remise en cause des souverainetés nationales et la suppression des mesures protectionnistes. Ce credo néolibéral est souvent au centre des débats.

Mode de recrutement

Les membres de la Trilatérale se recrutent par cooptation, aussi bien dans les cercles financiers et économiques que parmi les politiciens et les patrons de presse. Seul critère: ils doivent être jugés capables de comprendre le grand dessein mondialiste de l’organisation et de travailler utilement à sa réalisation. Son action feutrée, volontairement ignorée des gouvernements et de médias, lui permet de placer aux rouages essentiels des Etats des hommes à elle, d”infiltrer” les hautes sphères du monde occidental.

Instigateurs et participants:

Les instigateurs en sont en autres (les plus importants): David Rockefeller, Zbigniew Brzezinski, Henri Kissinger,etc. Parmi les personnages connus des Français, nous pourrons citer quelques noms des participants français du Meeting de Paris en 1989: Claude Imbert, Thierry de Montbrial, Hubert Curien, Jacques Rigaud, Alain Cotta, Raymond Soubie, Robert Lion, Raymond Barre, Roland Dumas, Jacques Delors, Alain Poher, Jacques Chirac, etc. On constatera la présence de personnalités de la Gauche et de la Droite qui ont l’air bien amis. Parmi les autres participants, on pourra citer: Giovanni Agnelli, Georg Büchner, James E. Burke, Isamu Yamashita, Yotaro Kobayashi, E. Gerald Corrigan, Thomas P. Foley, Zbigniew Brzezinski, Manfred Wörner,etc.

Répartition des sièges

La hausse du nombre des membres de la Trilatérale ayant été très forte dès sa création, des limitations durent être imposées aux alentours de 1980. La limite a été atteinte alors que de nouveaux pays commencèrent à être représentés dans les groupes de discussion.

Le groupe européen a atteint son plafond de 150 membres. Ce groupe inclut des membres des pays suivants: Autriche, Belgique, République tchèque, Danemark, Estonie, Finlande, France, Allemagne, Grèce, Hongrie, Irlande, Italie, Norvège, Pologne, Portugal, République de Chypre, Roumanie, Slovénie, Espagne, Suède, Pays-Bas et Royaume-Uni.

Le nombre de représentants pour le continent nord-américain est de 107, répartis comme suit :

* États-Unis : 85 sièges
* Canada : 15 sièges
* Mexique : 7 sièges

A l’origine, le troisième continent était exclusivement représenté par le Japon, qui disposait de 85 sièges, mais en 2000, ce groupe connut une expansion et devint le groupe représentant l’Asie Pacifique, composé de 117 membres répartis comme suit :

* Japon : 75 sièges
* Corée du Sud : 11 sièges
* Australie et Nouvelle-Zélande : 7 sièges
* ASEAN (Indonésie, Malaisie, Philippines, Singapour et Thaïlande) : 15 sièges.

Le nouveau groupe asiatique-Pacifique inclut aussi des membres des peuples de Hong Kong (5)et de République de Chine (Taïwan 4).

Les trois présidents actuels sont :

* Joseph S. Nye pour l’Amérique du Nord
* Peter Sutherland pour l’Europe
* Yotaro Kobayashi pour l’Asie



Tags: General · Outils mondialistes · nouvel ordre mondial

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