L’éditorial de Christian Bouchet
« L’exécution a débuté vers 6 h 10. J’ai lu la sentence de mort. Alors, Saddam a déclaré : “Dieu est le plus grand, longue vie aux moudjahidines, nous irons au paradis et nos ennemis en enfer. Longue vie à l’Irak”. Puis, il est monté à la potence sans rien dire, calmement. Il était résolu et courageux. A un moment, il a tourné sa tête vers moi comme pour me dire “N’aie pas peur”, c’était une sensation très bizarre. Saddam a refusé qu’on lui mette un sac sur la tête. Il y a eu une brève discussion, et le bourreau a cédé, laissant son visage découvert.
La scène était terrifiante. Il est resté maître de lui-même jusqu’au bout. Son visage n’est devenu pâle qu’au dernier moment. Quelqu’un lui a demandé : “As-tu peur ? “, “Je n’ai jamais eu peur de personne de toute ma vie. J’ai vécu comme un moudjahid, en attendant la mort à tout moment, lui a rétorqué Saddam” ».
Mounir Haddad,
témoins de l’exécution du Raïs Saddam Hussein al-Tikriti.
On sait a peu près tout de l’assassinat « légal » du Raïs Saddam Hussein pour en avoir vu les images abjectes et révoltantes tant sur les grandes chaînes de télévision que sur le net.
Il y a peu de chose à en dire car tout l’a déjà été, y compris par des personnalités que l’on ne peux gère soupçonner de sympathie pour le président irakien. Ainsi, pour rester en France, Ségolène Royal, sans doute pour être en phase avec l’opinion de la majeure partie de nos concitoyens, a exprimé « un sentiment indéfinissable de dégoût ». Sentiment que partage tout être civilisé.
Cela écrit, il faut voir plus loin que cette tragique mise à mort et comprendre le sens de cette exécution. On peux en faire l’analyse suivante : tout d’abord, comme avec le « décès providentiel » de Slobadan Milosevic, elle permet de clore « au mieux » un procès embarrassant pour l’Empire du mal, ensuite elle envoie un message à tous les dirigeants politiques du monde qui pourraient être tentés de faire preuve de la même indépendance que Saddam, enfin elle est instrumentalisable dans la mise en place de la stratégie du «chaos constructif» défendue par certains hiérarques de Washington. La suite


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