Depuis plusieurs semaines on ne parle plus que du CPE et l’on finirait par croire qu’il est nettement plus important aux yeux de nos concitoyens que le réchauffement climatique, la guerre à venir en Iran ou la substitution de la population française par des masses non européennes.
Le plus incroyable c’est qu’après avoir écouté, lors de chaque journal télévisé ou radiodiffusé, les discours des uns et des autres, je ne connais toujours pas leurs arguments. Les uns nous disent qu’il sont contre car le CPE serait vecteur de précarité, quand aux autres ils lui sont favorables car ils estiment que le CPE permettra aux jeunes de rentrer dans le circuit du travail et donc de sortir de la précarité.
On en voit qui crient, pleurent, entrent en transe, défilent dans les rues, cassent tout et dans le cas de certains “responsables” politiques, passent à la télé pour nous répéter le même discours vide de sens. Mais jamais, les uns ou les autres ne se donnent la peine de nous expliquer en quoi le CPE est vecteur de précarité ni pourquoi les entreprises voudraient engager plus de jeunes avec le CPE. Le « débat » du CPE est un débat de sourds.
J’ai donc fait ma propre analyse.
Le but des entreprises et de créer de la plus-value, faire de l’argent. Sinon elles vont droit à la faillite. Elles engagent du personnel dont les prestations seront converties en plus-value. C’est le cas évidement des sociétés des services mais aussi, de manière moins évidentes, des sociétés qui manufacturent des biens. Un constructeur automobile, par exemple, engage des ouvriers ayant pour travail de monter des voitures qu’il pourra ensuite revendre pour un prix supérieur aux différents coûts, dont celui du personnel. S’il estime qu’un membre de son personnel n’est pas productif, ou coûte plus qu’il ne rapporte, il le licencie. Dans le cas contraire, il n’a aucun intérêt à s’en séparer. Ce sont les lois du marché, bonnes ou mauvaises, c’est un autre débat.
Dans le cadre de l’emploi, le rôle de l’état est de fixer des règles qui empêchent les abus, autant de la part des patrons que de la part des salariés. Ils doit aussi veiller à ce que la concurrence soit juste. Si on se base sur la semaine de 35 heures dans le nord du pays et 50 heures dans le sud, il est évident que les entreprises du nord ne sont pas compétitives par apport à celles du sud. Un éventuel CPE n’y changerait pas grand chose.
Or, nos entreprises doivent faire face à la concurrence de pays qui n’ont pas instauré les 35 heures, qui parfois ne disposent même pas de législation sociale, qui ne tiennent pas compte de l’environnement, qui ne subviennent pas aux besoins croissants de populations de pseudo-réfugiés dont une majorité ne travaille pas et vit de l’assistance sociale. Dans ces conditions, nombre de sociétés françaises n’ont le choix qu’entre délocalisation et faillite. De leur coté, dans ce contexte, les jeunes salariés n’auront plus que le choix entre emplois précaires (type CPE) et pas d’emplois du tout (sans CPE).
Ils est évident que, dans une telle situation, les systèmes d’assurances maladies et d’assurances chômage ne tarderont pas à s’effondrer. La masse des nouveaux pauvres ne cessera d’enfler, la concurrence de la demande sur le marché de l’emploi sera telle que le patronat disposera à volonté d’une main d’oeuvre docile et prête à tout pour un travail chichement rémunéré.
Certes, ce sera bon pour l’économie mais pas pour la France ou les Français qui voient déjà les acquis obtenus, par le sacrifice des générations précédentes, passer à la trappe.
Je constate avec désespoir que les éternels charognards de l’hexagone, les partis de « gauche et de progrès » ainsi que leurs complices libéraux et globalistes, pratiquent, sans la moindre retenue, une politique de paupérisation s’appuyant sur la bêtise et l’ignorance de leurs “supporters”.
Nos politiciens ont pour mission de mettre en place un système au service de la société et des individus. Et non de servir un système économique quel qu’il soit, encore moins d’y assujétir la population.
E.d’Aubignosc


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