Le Groupe Carlyle est une société d’investissements américaine fondée en 1987. Basé à Washington D.C., il est présent dans de nombreux domaines d’activités, comme l’aéronautique, la défense, l’industrie automobile et des transports, l’énergie, les télécommunications et les médias. Ses investissements sont essentiellement situés en Amérique du Nord, en Europe et en Asie du Sud-Est. Le groupe possède 89,3 milliards de dollars de capitaux propres et il emploie plus de 515 professionnels de l’investissement dans 21 pays. Les différentes entreprises de son portefeuille emploient, quant à elles, plus de 286 000 personnes dans le monde et Carlyle a environ 1 100 investisseurs répartis dans 31 pays à travers le monde.
Le groupe Carlyle est dirigé depuis janvier 2003 par Louis Gerstner, ancien patron d’IBM.
Historique:
Carlyle a été créé en 1987, avec 5 millions de dollars, dans les salons du palace new-yorkais du même nom à la faveur d’une affaire d’esquimaux. Au terme d’un accord avec l’État fédéral, des sociétés d’Alaska ont reçu, en 1971, d’importantes subventions du gouvernement fédéral pour créer des entreprises sur place. Quinze ans plus tard, la plupart de ces sociétés avaient accumulé des dettes considérables et menaçaient de déposer le bilan. Le sénateur de l’Alaska, Ted Stevens, parvint alors à faire adopter une clause dans la loi fiscale de 1984 autorisant ces sociétés à vendre leurs dettes à des compagnies états-uniennes florissantes. Ses fondateurs, quatre juristes, dont David Rubenstein (ancien conseiller du président américain Jimmy Carter à la Maison Blanche), ont alors pour ambition – limitée – de profiter de cette faille de la législation fiscale. Elle autorise les sociétés détenues en Alaska par des Eskimos à céder leurs pertes à des entreprises rentables qui payent ainsi moins d’impôts. Le groupe végète jusqu’en janvier 1989 et l’arrivée à sa tête de l’homme qui inventera le système Carlyle, Frank Carlucci. Ancien directeur adjoint de la CIA, conseiller à la sécurité nationale puis secrétaire à la défense de Ronald Reagan. Ils ont partagé une chambre quand ils étaient étudiants à Princeton. Ils se sont ensuite croisés dans de nombreuses administrations et ont même travaillé, un temps, pour la même entreprise.
En 1997, le groupe a acquis la société américaine United Defense, gros fournisseurs de l’armée américaine en véhicules de combat et en artillerie.
En juin 1999, il investit 1 milliard d’euros dans le quotidien français Le Figaro (devançant le Groupe Dassault) détenant ainsi 40% de l’actionnariat du quotidien (les 60% restant étant détenu par la Socpresse). En 1999, le groupe gérait plus de 4 milliards de dollars d’investissements dans le monde.
Dassault a progressivement repris en 2006 l’intégralité du capital de la Socpresse, maison-mère du journal Le Figaro, après être monté à 60% en mars 2004, après une première tranche de 30% en 2003.
En 2003, le groupe achète à l’État français les locaux de l’Imprimerie nationale, qui est démantelée, pour 85 millions d’euros. L’État lui rachète en 2007 ces mêmes bâtiments pour en faire le nouveau ministère des affaires étrangères, pour 376,5 millions d’euros, soit 4,5 fois le prix de départ après environ 120 millions d’euros de travaux.
Annonce de la faillite de la filiale de fonds d’investissement Carlyle Capital Corporation (CCC) suite à la crise des subprimes le 13 mars 2008, ce qui n’aurait “pas d’impact mesurable” sur la situation financière du Groupe Carlyle. En effet grâce à un ingénieux système de cloisonnement des filiales, le groupe permet de préserver l’intérêt des actionnaires en diluant le risque financier sur la collectivité.
Principaux investisseurs et conseillers:
James Baker, ancien Secrétaire d’Etat américain.
Laurent Beaudoin, ex-président du groupe Bombardier.
George H.W. Bush, ancien Président des États-Unis.
Frank Carlucci, ancien directeur-adjoint de la CIA, ancien Secrétaire à la Défense américain. A occupé la présidence du groupe.
Richard Darman, ancien directeur de l’ U.S. Office of Management and Budget.
Paul Desmarais, président de Power Corporation of Canada.
Liu Hong Ru, ancien président de l’organisme de surveillance des opérations boursières de Chine.
Arthur Levitt, ex-président de la Securities and Exchange Commission.
John Major, ancien Premier Ministre conservateur de Grande-Bretagne.
Henri Martre, ancien de Matra Aérospatiale.
Anand Panyarachun, ancien Premier Ministre de Thaïlande.
Karl Otto Pöhl, ex-président de la Bundesbank.
Fidel Ramos, ex-président des Philippines.
George Soros financier bien connu de nos lecteurs.
Thaksin Shinawatra, ancien Premier Ministre de Thaïlande.
Merrill Lynch, société financière américaine.
Olivier Sarkozy (demi-frère de Nicolas Sarkozy), copilote depuis avril 2008, l’activité mondiale de services financiers de Carlyle Group.
Mikhaïl Khodorkovski, ancien oligarque russe des années Eltsine, jugé et condamné à une lourde peine de prison sous la présidence de Poutine.
Ben Laden et le groupe Carlyle:
La relation de business qu’entretient le groupe Carlyle et l’Arabie Saoudite date depuis longtemps. Via sa filiale Vinnell qui fournissait des conseillers militaires (comprendre mercenaires) à la garde nationale saoudienne, Carlyle s’est durablement installé dans la péninsule du Golfe.
Les liens très étroits de Carlyle avec le gratin politique américain et ses investissements dans la défense et l’aérospatiale ont valu de vives critiques au groupe après les attentats du 11 septembre 2001.
Ainsi Judicial Watch, une organisation non gouvernementale de surveillance du système judiciaire américain, s’est dit outrée que le père de l’actuel président des États-Unis «travaille pour le compte de la famille ben Laden», bien que celle-ci ait affirmé avoir coupé tout contact avec Oussama ben Laden.
« Nous n’avons pas fait cela parce que nous pensions qu’ils avaient fait quoi que ce soit de mal. Nous pensions et eux (la famille ben Laden) pensaient que cela suscitait plus d’attention que cela n’en méritait », a déclaré au New York Times un responsable anonyme de Carlyle.
Le père d’Oussama ben Laden, Mohamed ben Laden, a fait fortune dans le bâtiment grâce à la ben Laden Construction Group, créée dans les années 1950 à Djeddah (Arabie saoudite).
Le GC est une cascade de filiales, de holdings, de participations plus ou moins croisées, ce qui rend impossible de savoir qui est actionnaire et de quoi, quelle firme en domine une autre « à l’insu de son plein gré ». La famille Ben Laden avait placé 2 millions de dollars chez une filiale de Carlyle !
Le GC affectionne les paradis fiscaux, ce qui rend « intraçable » la circulation de ses capitaux. Les investissements en Europe passent par le Luxembourg, les îles Guernesey, les îles Cayman, etc. paradis souvent sous domination britannique.
Les actifs ou participations
La stratégie du GC consiste à investir dans les secteurs les plus porteurs de commandes d’Etats. Ainsi le GC prend de solides participations dans les domaines suivants : défense, armement, aéronautique, sécurité (par exemple, radars, systèmes de détection ou de guidage, moteurs d’avion) ; industries de l’électronique et de l’informatique (satellites, ADSL, télécommunications, téléphonie) ; biotechnologies et génie génétique (GC s’est payé le principal laboratoire US contre l’anthrax, travaille dans les armes bactériologiques). Depuis quelques temps GC intervient dans la presse (presse professionnelle, comme l’Usine Nouvelle, avec 70 titres possédés, grande presse avec l’achat du Figaro revendu ensuite à Dassault, ou 20 % dans le capital de Libération), les médias (rachat de Vivendi International Publishing), le commerce électronique. Il investit aussi dans l’immobilier (hôtels de luxe, buildings d’affaires, centres commerciaux connectés à l’ADSL). Insistons cependant sur le fait que GC investit surtout dans les industries duales : à finalités civile et militaire, à intérêts publics et privés, comme c’est souvent le cas aux USA qui pratiquent aisément le mélange des genres et les allers-retours administration-privé.
La technique consiste à cibler des entreprises valorisables rapidement mais en difficulté passagère (comme OTOR, filiale du papetier La Chapelle d’Arblay avec laquelle il y a procès en cours) ou sous-capitalisées. Ces dernières proviennent souvent d’ex firmes d’Etat opportunément privatisées, alors qu’elles ne sont guère rentables, au nom de l’idéologie libérale du retrait des pouvoirs publics de toute activité économique, même quand elle est aussi stratégique que celle de l’armement. Sont aussi sous-capitalisées de nombreuses PME innovantes car les banques européennes ne les financent pas vu qu’elles ont horreur du risque. Elles préfèrent leurs commissions sur les OPA et la tonte des petits clients. GC peut ainsi saisir des occasions porteuses de profits futurs liés à leurs spécialités de haute technologie.
Et après la prise de participation de contrôle, il n’y a plus qu’à utiliser les nombreux procédés de rentabilisation des entreprises : profiter des synergies en les fusionnant, dégraisser (downsizing), resrtucturer (re-engeneering), etc. Et après 5 ans de bénéfices, les revendre avec une solide plus-value. GC est donc aussi un fonds spéculatif qui contribue largement à déstabiliser les marchés du capital financier. Mais cela déséquilibre aussi les entreprises et leur personnel. Cela empêche désormais l’Europe de coordonner ses investissements de défense, en mettant nombre d’entreprises sous le contrôle anglo-américain et en encourageant les petits pays européens sans industrie militaire ou connexe à se regrouper dessous le parapluie US. Au point que certains s’alarment de cette guerre économique cachée et de cette dépendance de l’Union européenne non seulement dans le domaine militaire mais aussi dans les industries de pointe et de haute technologie. Ainsi, GC a acheté le groupe suédois de défense Bofors ou le DERA britannique, laboratoire de recherche en matière de détection, de radars, de sécurité.
Oliver Sarkozy, banquier d’affaires vedette d’UBS, recruté par Carlyle (Article du Figaro du 4 mars 2008)
“Il est le demi-frète de Nicolas Sarkozy; mais surtout, à 37 ans, une vedette du monde bancaire new-yorkais. L’un des plus talentueux. En 2002, Credit Suisse avait tenté de le retenir avec un gros bonus. Peine perdue : UBS avait fait mieux. Et aujourd’hui c’est Carlyle, une des plus grosses sociétés mondiales d’investissement, qui s’attache son expertise, sa fibre internationale et son carnet d’adresses.
Oliver Sarkozy, jusque-là codirigeant de la branche institutions financières de la banque d’investissement UBS,copilotera dès avril l’activité mondiale de services financiers de la firme de LBO cofondée (en 1987) et dirigée par David M.Rubenstein. Et cet ancien de l’administration Carter de s’en féliciter: « L’arrivée d’Oliver à la tête de notre équipe récemment constituée va permettre à Carlyle de se positionner avec succès sur le secteur mondial et actuellement chahuté des services financiers. »
Carlyle, dont Abu Dhabi est devenu à l’automne le premier actionnaire indépendant (7,5% du capital), veut donc passer à l’offensive … «J’ai hâte de participer à cette aventure, aux côtés de Dave Zwiener (l’autre dirigeant, NDLR) et de faire de Carlyle un acteur de référence dans ce secteur d’investissement de plus en plus important »,se réjouit Oliver Sarkozy.
Comme Forbes le soulignait, si l’on a beaucoup fait état des liens du président avec les financiers français, on a peu parlé de sa proximité avec ce demi-frère new-yorkais, brillant et influent. Pierre-Olivier (son vrai prénom) était présent à Paris le 6 mai pour fêter sa victoire et, lors de son voyage présidentiel à NewYork, ce dernier avait organisé une grande soirée en son honneur.
Grand, élégant et avenant, ce père de deux enfants, marié à une Française (une nièce du Pr Jean Bernard), est le fils de Paul Sarkozy et de Christine de Ganay, remariée ensuite à un diplomate américain. Enfance voyageuse et diplôme en histoire médiévale de la prestigieuse St. Andrews University en poche, ses premiers pas dans la finance chez Dillon, Read & Co l’ont mené loin. À son palmarès, d’importantes transactions bancaires comme la vente de MBNA ou d’US Trust à Bank America ou encore la fusion de Mellon avec Bank of New York.”


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