AMI France
AMI France: En ces temps d'imposture universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire (G. Orwell)


Discours de Nicolas Bay au Conseil national du MNR

June 23rd, 2008 · Commenter (5 Commentaires)

Email This Post Print This Post

Conseil national du MNR – Sèvres – dimanche 22 juin 2008
Discours de Nicolas BAY
Secrétaire général du MNR

Chers amis, chers camarades du MNR,

Ce Conseil national du 22 juin 2008 marque indéniablement un tournant dans l’histoire de notre jeune mouvement et dans le combat politique et militant que nous menons ensemble depuis bientôt 10 ans.

Il y a un mois, notre Président Bruno Mégret a annoncé son retrait de la vie politique et son départ à l’étranger pour occuper une nouvelle activité professionnelle. Cette annonce a eu l’effet d’un petit tsunami au sein de notre mouvement. Pour certains observateurs et même, disons-le, pour certains de nos adhérents et sympathisants, cette annonce était synonyme d’un MNR qui met la clef sous la porte ! Ce n’est bien sûr pas le cas, vous le savez, et c’est d’ailleurs tout le sens de notre réunion d’aujourd’hui au cours de laquelle nous définissons ensemble nos axes de travail politique et stratégique pour les prochains mois.

Avant d’en venir à ces questions essentielles, permettez-moi de rendre hommage à notre Président, à l’action qu’il a mené à la tête du mouvement dans des conditions difficiles et même pénibles depuis des années. Et puisqu’il va s’éloigner de nous pour quelque temps, je tiens à lui faire part aujourd’hui de ma gratitude, de mon estime et de mon amitié à l’issue de ces années de combat politique menées à ses côtés. Il m’a beaucoup appris, sans doute plus qu’à d’autres encore en raison de mon âge et je lui en suis particulièrement reconnaissant.

J’ajoute que l’estime et l’amitié dépassent largement les petites divergences d’analyse ou de stratégie que nous avons pu connaître et ce, d’autant qu’il n’y a jamais eu de désaccord de fond, touchant à l’essentiel des idées et des valeurs pour lesquelles nous combattons.

Cher Bruno, je vous souhaite une totale réussite dans vos nouveaux projets professionnels. J’espère de tout cœur que vous y connaitrez des succès et que vous y trouverez des motifs de satisfaction à la mesure des épreuves que vous avez traversées en politique ces dernières années.

* * *

À compter de ce 22 juin 2008, nous avons chers amis, tous ensemble, la lourde tâche d’écrire une nouvelle page de l’histoire du MNR et du combat national. Dans cette perspective et avant d’évoquer devant vous nos possibilités d’action, il ne me semble pas inutile de nous arrêter quelques instants sur la situation du MNR, ses forces et ses faiblesses, ses atouts et ses handicaps.

Avec réalisme mais sans nous livrer pour autant à une séance d’auto flagellation, nous ne pouvons faire l’économie d’un état des lieux du MNR car nos possibilités d’action future sont très largement conditionnées par nos propres capacités militantes, médiatiques et financières.

Commençons si vous le voulez bien — c’est l’usage dans ce genre d’exercice ¬— par la face la plus sombre : la situation électorale du MNR et son état financier qui en résulte d’ailleurs largement.

- Électoralement d’abord, le MNR n’a jamais réussi à prendre son essor. Depuis le premier scrutin où nous étions en lice, aux élections européennes de 1999 où nous avions obtenu 3,2% des voix, jusqu’aux législatives de juin 2007, où nous avons sombré à moins de 0,5% des suffrages, l’histoire électorale du MNR constitue hélas une lente dégringolade avec un bref moment de ciel bleu : aux municipales de 2001 où nous avons pu constituer plus de 200 listes grâce à la solidité de notre appareil militant.

Jusqu’en 2007 et malgré des résultats très modestes, le MNR était encore en mesure de participer massivement aux batailles électorales en alignant des centaines de candidats et en diffusant ainsi notre propagande à des millions d’exemplaires, en proportion de cette capacité à couvrir le territoire national de candidats MNR comme aux régionales, aux cantonales ou aux législatives. Depuis les élections cantonales et municipales de mars dernier, il faut bien reconnaître que le MNR ne peut plus assurer, seul, qu’une présence électorale marginale. Les quelques dizaines de candidats aux cantonales et les têtes de liste aux municipales ont eu d’autant plus de mérite à porter nos couleurs dans un contexte si difficile. Malgré quelques bons échos ici ou là dans la presse locale, notre participation aux scrutins de mars dernier est passée totalement inaperçue au niveau national et le MNR n’a quasiment plus d’élus municipaux.

- Notre faiblesse électorale a eu des répercussions considérables sur le plan financier et les comptes du MNR sont perpétuellement dans le rouge depuis des années malgré le sang-froid et la rigueur de notre trésorier, Alain Vauzelle. Les déboires judiciaires ont accentués encore notre fragilité financière.

Loin de moi, chers amis, toute volonté de dresser un tableau apocalyptique de la situation du MNR. Au contraire, si je me suis permis de rappeler devant vous ces quelques vérités bien désagréables à entendre, c’est justement pour souligner maintenant qu’en dépit de ses handicaps, le MNR détient encore des atouts importants sur lesquels il faut s’appuyer et qui sont autant de bonnes raisons de poursuivre le combat et de ne pas se faire hara-kiri !

Quelles sont donc les forces du MNR ?

Son appareil militant tout d’abord. Nous n’avons pas à en rougir. Au regard de ce qui peut exister ailleurs et de notre poids électoral, nous avons réussi à maintenir une organisation assez solide, présente sur la quasi totalité du territoire national. Dans presque tous les départements, il existe en effet une petite équipe, parfois même bien étoffée, qui reste unie et sait se mobiliser chaque fois que c’est nécessaire. En ces périodes de basses eaux et de vaches maigres, cela s’apparente à une véritable prouesse. J’en profite d’ailleurs pour saluer celui qui en est le principal artisan : Jacques Gaillard, Secrétaire général adjoint du MNR, délégué aux fédérations. Il sillonne la France en ne ménageant ni son temps, ni son énergie, ni sa santé, pour assurer cette mission difficile et ingrate dont il s’acquitte remarquablement. Pardonnez lui d’être parfois un peu brusque ou trop directif, c’est souvent nécessaire dans la fonction qui est la sienne et cela ne retire rien, bien au contraire, à ses immenses qualités humaines unanimement reconnues. Travaillant avec lui, en totale complicité, depuis des années, je connais son sens du devoir et son indéfectible fidélité à notre combat.

Oui, chers amis, le premier atout du MNR, c’est vous. Membres du bureau national, secrétaires départementaux et régionaux, membres de notre Conseil national, vous êtes l’élite qui assure avec constance, dévouement et abnégation l’ancrage du MNR partout en France.

La deuxième force principale du MNR, c’est son programme, son projet, sa réflexion et ses propositions. C’est d’ailleurs un peu la contre partie de notre traversée du désert. Peu accaparés — c’est un euphémisme — par l’exercice de mandats électifs ou par des passages dans les médias, les cadres et les dirigeants du MNR ont effectué collectivement un travail remarquable de mise à jour et d’adaptation de notre projet politique aux réalités du monde moderne et ceci, précisons-le car c’est important, sans rien renier des valeurs et des idées essentielles qui motivent notre engagement. La réflexion et le programme du MNR, même s’ils ne sont pas assez connus du grand public doivent être notre fierté car ils montrent que non seulement nos idées sont parfaitement d’actualité mais qu’elles constituent de surcroît une réponse crédible, cohérente et complète aux grands défis de notre temps.

Grâce aux travaux remarquables de nos amis : Yves Dupont sur les questions d’énergie, Philippe Milliau sur l’Europe, Véronique Péan sur les valeurs, Isabelle Laraque sur l’islamisation, Jean-Yves Waquet sur la Défense, Roger Cuculière sur l’immigration, Yves Duprés sur la civilisation, Bernard Bres sur l’enseignement, Annick Martin sur la politique sociale, Bernard Bornette sur l’économie — j’en oublie et je les prie de m’en excuser — sans oublier bien sûr l’esprit de synthèse de notre Président sur toutes ces questions, le MNR porte un projet particulièrement abouti.

Pour qu’elles ne soient pas inutiles et qu’elles ne passent pas inaperçues, il nous incombe de traduire ces réflexions en message politique audible sous forme de slogans et de propositions synthétiques et symboliques. La communication politique passe nécessairement par cette étape que nous ne devons pas négliger afin que nos propositions soient répercutées au delà de nos colloques et des pages de notre bulletin Le Chêne.

Au risque de surprendre, j’ajouterai un troisième atout de notre mouvement : c’est la notoriété.

Grâce à votre travail acharné depuis des années, grâce aux campagnes nationales que nous avons menées en dépit de résultats décevants, le MNR a acquis une vraie notoriété. Même s’il n’est pas ou plus capable de rivaliser avec des grandes formations politiques, le MNR existe et c’est là une différence essentielle avec les très nombreux petits groupes, souvent d’ailleurs respectables et sympathiques, qui composent ce que l’on pourrait appeler la « famille nationale » mais dont l’existence, précisément, n’est connue que des cadres et des militants actifs de cette même famille. Si je m’autorise ce petit rappel, porteur d’aucun mépris à l’égard de quiconque, c’est pour insister sur le fait que l’action politique efficace est incompatible avec les tentations groupusculaires qui se font jour alors que notre camp traverse une passe difficile.

* * *

Ces forces et ces atouts du MNR sont aujourd’hui bien réels mais peuvent aussi rapidement s’étioler, s’affadir et disparaître si nous ne parvenons pas, dans un délai raisonnable, à trouver pour notre mouvement et pour notre combat des perspectives intéressantes et mobilisatrices.

Cela m’amène naturellement à traiter devant vous de notre ligne politique.

Indéniablement, l’Identité est le grand enjeu de ce siècle naissant. C’est le défi que la France et l’Europe doivent relever. Où bien notre peuple, notre nation et notre civilisation se ressaisissent et s’affirment comme un pôle de puissance et de rayonnement ou bien nous renonçons et acceptons de subir la déferlante mondialiste. Notre économie sera disloquée, l’immigration dénaturera notre continent et l’islamisation supplantera notre civilisation européenne et chrétienne.

Ce danger existe bel et bien. Pour autant, rien n’est perdu et, le réveil des identités est aussi une réalité en Europe comme le montrent les succès obtenus par les droites nationales et identitaires que ce soit récemment en Italie, au Danemark ou encore en Flandre.

Dans tous les domaines où les électeurs de droite pouvaient espérer de la part de Sarkozy une rupture même minimale avec le politiquement correct, c’est le contraire qui se produit. Que ce soit en matière d’immigration, de construction européenne, de politique familiale et même de réformes économiques et sociales, Sarkozy s’engage sans complexe dans la voie inverse de celle sur laquelle il a été élu. En matière de trahison des électeurs, Mitterrand et Chirac sont battus à plate couture !

Le projet funeste vers lequel Sarkozy mène la France à grand pas est parfaitement résumé, dans sa philosophie et dans ses principales orientations, par le rapport Attali rendu public en janvier dernier : une société où le matérialisme triomphe, où il n’existe de valeurs que marchandes, où les individus sont réduits à l’état de pions et de numéros. C’est le monde rêvé de M. Attali à qui Sarkozy a sous-traité l’intégralité de l’initiative politique et législative pour 5 ans, réduisant ainsi les parlementaires à un rôle de figurant.

Attali présente le recours à une immigration massive dite de « travail » comme un passage obligé vers la prospérité économique. Le brassage des peuples et des cultures, la « mobilité » accrue des personnes et la disparition progressive des structures de base de la société (nation et famille), voilà la recette de M. Attali pour que la France se fonde dans un ensemble invertébré où seules comptent les considérations marchandes.

Le rapport Attali défend un projet permettant de rendre compatible l’organisation politique, économique et sociale de la France avec sa vision idéologique de l’organisation de la planète. Tous les éléments qui favorisent et permettent la stabilité des individus, leur enracinement dans une identité historique, culturelle et spirituelle, sont présentés comme autant de «freins à la croissance» et de «carcans» dont il faut s’échapper.

L’objectif unique et exclusif de « croissance économique » est parfaitement révélateur d’une démarche globalisatrice, de négation des individus et de leur spécificité. L’ensemble des éléments qui participent de l’identité de la France et des Français sont considérés comme autant d’obstacle à la croissance qu’il convient donc de contourner ou de désagréger. Ainsi, la « mobilité des personnes et des entreprises » est érigée en objectif : « mobilité sociale », « mobilité géographique », « mobilité économique » et « mobilité internationale » ! L’homo mondialis doit donc être aussi instable que possible, déraciné et sans attache civilisationnelle, nationale ou familiale. L’individu est réduit, au mieux, à sa dimension d’acteur économique ou, au pire, de produit économique.

Sarkozy ayant indiqué qu’il était en parfait accord avec « l’essentiel » de ce que contient le rapport Attali, les parlementaires français élus en seront réduits à rédiger les décrets d’application des 316 décisions figurant dans ce texte.

Le Traité de Lisbonne allait dans le même sens d’un mondialisme subit par une Europe qui renonce à se défendre. Heureusement, les Irlandais ont mis, il y a quelques jours, un coup d’arrêt à cette manœuvre anti-démocratique des eurocrates.

La défense de notre identité face au mondialisme dont l’Europe de Bruxelles est le bras armé, le refus de l’adhésion de la Turquie musulmane, l’Union européenne qui est en réalité anti-européenne, voilà des thèmes sur lesquels nous devrons intervenir dès la rentrée, car ils seront au cœur de la campagne des élections européennes de 2009. Sur ces sujets fondamentaux, le MNR doit prendre sa place dans le nécessaire rassemblement de la droite nationale.

* * *

Et cela m’amène bien sûr à vous parler maintenant de stratégie politique. C’est une question essentielle qu’on ne peut d’autant moins éluder que notre mouvement se trouve dans une situation critique.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, je souhaite vous présenter succinctement une sorte de rapport d’activité puisque vous m’avez désigné comme Secrétaire général du MNR il y a presque un an jour pour jour. Le 7 juillet 2007, par une motion adoptée ici même vous m’avez en effet confié cette fonction, assortie de la mission suivante : « être tourné vers l’extérieur pour développer l’animation politique ainsi que la communication en direction des médias et des autres composantes de la droite nationale ».

Dans cet esprit, je me suis efforcé, avec la faible marge de manœuvre et le peu de moyens dont nous disposons, de normaliser les relations du MNR avec la plupart des acteurs de la droite nationale en multipliant les contacts et, autant que possibles, les actions communes. Ce désenclavement du MNR, si vous me permettez l’expression, constituant un préalable indispensable au rassemblement et à la refondation de la droite nationale que nous appelons de nos vœux. À titre d’exemple, cela m’a amené à prendre la parole, au nom du MNR à la réunion de Synthèse nationale organisée en octobre 2007 sur la défense de l’identité, à intervenir à la Convention du Bloc Identitaire, à soutenir une manifestation contre la régularisation des clandestins organisée par Marine Le Pen (et à la rencontrer personnellement, ce n’est pas un secret). Dans le même esprit d’ouverture et de dialogue, j’interviendrai à la fin du mois août dans le cadre de l’université d’été de l’Esprit Public où Jacques Bompard m’a invité.

S’agissant de la visibilité du MNR dans les médias, elle est très limitée en raison de notre poids électoral et politique. Cependant, à défaut d’obtenir qu’on parle du MNR tous les soirs au journal télévisé, je me suis efforcé de rendre à nouveau notre mouvement et son action visibles dans un certain nombre de publications proches de nos idées qui, à l’instar par exemple de l’hebdomadaire Minute, nous ouvrent désormais régulièrement leurs colonnes.

Bien sûr, le travail restant à accomplir est encore immense et vous pouvez compter sur ma détermination pour poursuivre dans cette voie.

Deux priorités stratégiques complémentaires me semblent envisageables pour le MNR :

1° – prendre notre place dans la refondation de la droite nationale, ce qui implique de conserver notre indépendance, notamment à l’égard du FN ;

2° – Œuvrer pour mettre fin à la division de la droite nationale en coopérant notamment avec le FN comme nous l’avons déjà fait en 2007.

Forte, à 14 ou 16% des voix, la droite nationale pouvait se payer le luxe de la division. Affaiblie par une série de raison structurelles et conjoncturelles, ramenée à 8 ou 9% des voix, elle ne peut rester diviser car cela devient alors un suicide politique. Après la droite la plus bête du monde, nous ne devons pas avoir aussi la droite nationale la plus bête d’Europe !

Bien sûr, de façon théorique et intellectuelle, sur le papier comme on dit, tous les acteurs de la droite nationale se prétendent favorables au rassemblement de notre camp. Mais dans la pratique, les choses sont bien différentes. Nous l’avons expérimenté lors de la fameuse « union patriotique » l’an passé.

Pour autant et quelques soient les torts du FN ou de certains de ses dirigeants, ce serait une grave erreur de considérer que tout est définitivement figé, que les conflits passés sont indépassables et que les divergences programmatiques sont gravées dans le marbre. Les mauvais résultats électoraux peuvent être meilleurs conseillers que le seul intérêt national !

Certains parient sur la disparition du Front national. C’est après tout parfaitement imaginable. Le FN, comme toute organisation humaine est appelée à disparaître un jour et il se trouve dans une situation difficile. Mais cela fait 10 ans, que nous annonçons le déclin du FN à brève échéance… cela doit nous conduire à aborder ces questions avec beaucoup de prudence et de mesure. Et ce, d’autant que d’autres pourraient disparaître bien avant le FN !

En outre, si vraiment le FN est engagé sur une pente déclinante irréversible, faut-il vraiment s’en réjouir ? Sachant qu’il est aujourd’hui la seule force électorale significative de notre camp, sa disparition symboliserait alors une droite nationale purement et simplement éradiquée de la vie politique française. Cette situation offrirait un boulevard, au moins temporaire, à la fausse droite, islamophile, ultra libérale et mondialiste !

Si nous voulons participer utilement, tant que la situation de notre mouvement nous le permet, au rassemblement du camp national, nous avons, me semble-t-il, deux principaux écueils à éviter :

- le premier écueil, c’est celui qui consiste à diviser en prétendant, sincèrement ou non, vouloir rassembler. C’est ce qui conduit à des initiatives groupusculaires diverses et variées, lancées à la va-vite sans réunir, dès le départ, les moindres chances de succès. Nous pouvons conserver de bonnes relations avec ceux qui se hasardent dans de telles aventures car le ciment des convictions communes est plus fort que les divergences d’analyse ou de stratégie, mais le MNR ne doit pas gaspiller ses forces dans de telles entreprises. À cet égard, je déplore que Jean-François Touzé ait abandonné la stratégie de Convergences nationales que nous avions initiée ensemble pour s’investir dans une énième petite structure politique concurrente du FN et du MNR. Le rassemblement des nationaux… Beaucoup en parlent mais peu agissent réellement dans ce sens !

J’en profite d’ailleurs pour préciser que l’association Convergences nationales, dont je suis le président, reprendra ses activités dès la rentrée de septembre. Son action sera complémentaire de celles directement menées dans le cadre du MNR. Je remercie les très nombreux militants et cadres du mouvement qui ont immédiatement adhéré à Convergences nationales lors de sa création.

- le deuxième écueil, c’est la « bunkérisation » qui consisterait à refuser de faire la moindre concession. La solution est simple : ne parler avec personne, ne coopérer avec aucune autre structure, ne nouer aucun partenariat… Mais cela nous conduirait à l’impuissance la plus totale et à la disparition, ce qui est une forme de reniement et de renoncement à mener le combat. Nous avons suffisamment prêté à d’autres, dans le passé, ce genre de comportement pour ne pas l’adopter nous-mêmes aujourd’hui.

À ce jour, en juin 2008, le MNR n’a plus la capacité à se poser en force politique autonome, capable de mener les batailles électorales uniquement sous ses propres couleurs. Bien sûr, nous pouvons accepter un nouveau statut pour le MNR qui deviendrait alors un club de réflexion. Nous aurions sans doute une légitimité réelle dans ce domaine, j’en ai parlé précédemment. Mais si nous voulons rester acteurs politiques, nous devrons nous entendre avec les forces existantes — et notamment la principale d’entre elles — et prendre ainsi toute notre place au sein de la droite nationale. C’est dans cette position que nous serons le plus à même d’œuvrer utilement au renouveau de notre famille politique. Soyons lucide, à l’occasion par exemple des prochaines élections européennes de juin 2009, notre mouvement, seul, n’aura pas la capacité à se faire entendre et encore moins à constituer des listes et à les financer.

En résumé, le MNR ne doit se fermer aucune porte, il doit multiplier les contacts et les mobilisations communes, sans faire allégeance à quiconque, sans se rallier à aucune structure mais en agissant dans le seul intérêt de notre combat, de notre nation et de notre civilisation.

Chers amis, vous pouvez compter sur l’équipe dirigeante de notre mouvement pour poursuivre et amplifier l’action politique. Ni vous ni moi n’avons vocation à conserver un MNR croupion dont la seule raison d’être serait d’éponger lentement nos dettes. Notre mouvement doit rester uni, il ne doit pas céder aux tentatives d’OPA ou de déstabilisation qui pourraient survenir de l’extérieur.

Notre feuille de route est simple, c’est notre volonté et notre devoir : continuer le combat ! Le combat politique !



Tags: General

5 responses so far ↓

  • 1 Eric D // Jun 24, 2008 at 2:10

    Nous sommes loinde nous permettre un guerre fraticide aujourd’hui…
    Merci Nicolas de votre message.
    Je pense (et espere) que le renouveau de la France passera par l’union de tous les patriotes, identitaires, catholiques, paiens, francais, europeens, regionalistes, nationalistes dans un grand mouvement qui a pour mission premiere l’avenir de notre pays. Cette union doit federer tous les mouvances et mouvements…
    En esperant pouvoir bientot assister a un evenement genre mes permieres journees BBR en 1995 ou a 17 ans j’ai decouvert tous les courants de la droite nationale qui cohabitaient, chacun avec leurs propes convictions, mais un ideal: l’avenir de la France!
    La France a besoin d’un leader du mouvement national, sans gueguerre des chefs, sans nouveaux parti qui veut faire table rase des partis existants tous les ans, besoin d’un leader qui reunit tous les autres…
    Eric

  • 2 patrie-69 // Jun 24, 2008 at 9:09

    Parfaitement d’accord avec vous Eric D, étant militant FN je ne peux qu’approuver ce que Mr Bay a dit lors de son discours.

  • 3 robert 33 // Jun 25, 2008 at 8:31

    Merci à Nicolas et à toute l’équipe du MNR pour leur lucidité, leur travail et leur volonté d’unité.

  • 4 Thor // Jun 25, 2008 at 10:30

    passera par l’union de tous les patriotes, identitaires, catholiques, paiens, francais, europeens, regionalistes, nationalistes dans un grand mouvement

    Toujours cette vieille alliance de tout et de n’importe quoi, qui appartient aux années 80… et qui n’a en rien prouvé qu’elle fonctionnait vraiment. La scission de 1998 n’a pas ouvert les yeux à certains, visiblement. C’est oublier comment fonctionne, ou doit fonctionner, un parti politique. Les tendances existent bien sûr mais derrière des idées fortes, et rassembleuses. Où sont ces idées là ? Franchement, nulle part. Il n’y a pas de vision commune minimale des choses, on n’unifie pas des Weltanschauunge incompatibles entre elles… sinon cela fait 1+1=0, et même j’oserais dire 1+1=-2.

    On voit bien qu’entre la vision de Faye et la vision de Soral il ne peut y avoir d’unité, car ce sont deux combats parfaitement opposés au service de deux idéologies bien différentes.

  • 5 phénix // Jun 26, 2008 at 11:09

    Thor

    D’accord avec vous , c’est le concept “mana” de l’extrême droite : l’union sacrée des carpes , lapins , scorpions et chacals . En général , çà tient dix minutes …

Leave a Comment