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Chavez inquiète Libé

January 9th, 2006 · Commenter (2 Commentaires)

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Sur le site de notre confrère Libération on peut lire cet intéressant article :

“Inquiétudes de la communauté juive après un discours du président vénézuélien.

Le credo antisémite de Hugo Chávez

par Jean-Hébert Armengaud ( lundi 09 janvier 2006)

Antinéolibéral, anti-impérialiste… et antisémite ? Le président vénézuélien Hugo Chávez, héros de la gauche radicale latino-américaine, a identifié les «maîtres du monde» : «Les descendants de ceux qui ont crucifié le Christ.» Cette «minorité s’est emparée des richesses du monde». Des déclarations tenues le 24 décembre, passées d’abord inaperçues et qui inquiètent la petite communauté juive vénézuélienne, 0,1 % de la population, d’autant que d’autres soupçons visaient déjà depuis longtemps le président vénézuélien. La veille de Noël, Hugo Chávez visite un centre d’hébergement et de réinsertion de personnes sans domicile fixe à Miranda, dans l’Etat de Zulia. Il discute avec la directrice et les personnes qui vivent là, se lance dans des diatribes habituelles contre «l’impérialisme» et célèbre «Jésus, le commandant des commandants des peuples, Jésus le justicier (…), le Christ révolutionnaire, le Christ socialiste». «Plus que jamais, le Christ nous manque (…), mais il se trouve qu’une minorité, les descendants de ceux qui ont crucifié le Christ (…) s’est emparée des richesses du monde [...] et a concentré ces richesses entre quelques mains.»

«Dans ses mots convergent deux arguments centraux de l’antisémitisme, a réagi la délégation du centre Simon Wiesenthal pour l’Amérique latine, en Argentine, celle qui accuse les juifs d’avoir tué Jésus, et celle qui les associe avec les richesses.» «Il est particulièrement paradoxal, poursuit ce communiqué, que le président d’un pays qui dans quelques jours va être hôte d’un des rassemblements de la pensée progressiste, le Forum social mondial, utilise une rhétorique réactionnaire et moyenâgeuse.»

Le centre Simon Wiesenthal réclame des «excuses publiques» : «Le silence pourra seulement être interprété comme une réaffirmation d’une pensée raciste.» Excuses publiques qui ne viendront jamais. Le texte intégral de la «soirée de Noël» de Hugo Chávez était toujours en ligne hier sur le site officiel du ministère de la Communication et de l’Information vénézuélien.

Le 29 novembre, la communauté juive vénézuélienne s’était déjà inquiétée quand 25 policiers armés avaient investi le Centre hébraïque de Caracas, qui inclut une école, pour, officiellement et en vain, chercher des indices sur l’assassinat à la voiture piégée, un an auparavant, du procureur chargé d’enquêter sur le coup d’Etat du 12 avril 2002 qui avait chassé Hugo Chávez du pouvoir pendant deux jours. Des médias d’Etat vénézuéliens avaient insinué que le Mossad pourrait avoir été derrière cet assassinat. Le procureur général du Venezuela a également accusé la CIA d’avoir «planifié» cet attentat.

Dans les années 90, Hugo Chávez a longtemps été conseillé et inspiré par Norberto Ceresole, notamment sur le thème favori du président vénézuélien, les liens entre Armée, Caudillo, Peuple, titre d’un livre de cet «idéologue» argentin qui avait déjà été conseiller de la dictature militaire nationaliste «de gauche» péruvienne de Juan Velazco Alvarado, entre 1968 et 1975. Norberto Ceresole est un révisionniste affiché qui disait de lui-même, avant sa mort, en 2003 : «Je ne suis bien sûr ni antisémite ni nazi (…), je fais juste partie d’un révisionnisme qui veut démontrer qu’une partie importante du récit de la déportation et de la mort des juifs sous le système nazi a été arrangée en forme de mythe.» Après la tentative de coup d’Etat du lieutenant-colonel Hugo Chávez en 1992, Norberto Ceresole avait été expulsé du pays. Chávez l’avait rappelé à ses côtés en 1998, juste après son élection, avant de s’en séparer un an plus tard.

Chávez sera aussi un des premiers chefs d’Etat à recevoir ­ «début 2006» ­ le président iranien, élu en juin 2005, Mahmoud Ahmadinejad, celui-là même qui a appelé à «rayer Israël de la carte». ”

Quant au fameux Norbert Ceressole dont parle notre confrêre, Lionel Placet lui rendait ainsi hommage dans le n° 11 de la revue nationaliste-révolutionnaire Résistance :

“Norberto Ceresole, de la lutte armée au révisionnisme

Né à Buenos Aires, en août 1943, Norberto Ceresole est décédé en mai dernier après une vie courte mais bien remplie. Ayant étudié la sociologie et les sciences politiques en Allemagne, en France et en Italie, il avait rejoint dès son adolescence le mouvement péroniste et il était devenu à la fois un des dirigeants de son principal groupe militaire [l'Armée révolutionnaire du peuple aussi nommée los Montoneros] et l’intellectuel le plus connu du « péronisme résistant». Entre 1969 et 1971, il fut conseiller du général Velasco Alvarado qui gouverna le Pérou, puis il fit bénéficier de ses avis éclairés le général Péron et… Salvador Allende ! Au milieu des années quatre-vingt dix, il fut un des proches du commandant Hugo Chavez [actuel président de la République du Venezuela].

En exil, en Espagne, durant de nombreuses années, Norberto Ceresole y fut proche des NR du Mouvement social républicain et il entretint des relations cordiales avec les principaux représentants du révisionnisme historique européen [dont le professeur Faurisson].

En 2002, Norberto s’était fixé de nouveau en Argentine, où, infatigable combattant, il avait milité pour soutenir la candidature à la présidentielle du péroniste de gauche Adolfo Rodriguez Saa.

Norberto Ceresole nous laisse en héritage une trentaine d’ouvrages en anglais, espagnol, arabe et persan, dont certains ont été préfacés par un autre grand anti-impérialiste : Roger Garaudy. ”



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2 responses so far ↓

  • 1 courouve // Jan 9, 2006 at 6:45

    Les propos de Norberto Ceresole ne sont guère différents de ceux tenus dans la prestigieuse revue sartrienne LES TEMPS MODERNES en 1946 :

    « Considérés en eux-mêmes, les faits de guerre sont toujours criminels. […] Une attitude vraiment lucide historiquement consisterait à ne pas vouloir à tout prix tirer son épingle du jeu, mais à reconnaître les compromissions qui eurent lieu et à simplement opposer ce qu’on veut tirer de sa victoire à ce qu’en auraient tiré ceux qu’on accuse. En somme, on aurait pu attendre du procès de Nuremberg [1945-1946] une confrontation doctrinale, une opposition de philosophies historiques capables d’assumer l’histoire telle qu’elle est, et non des contes de bonne femme. Autrement dit, il aurait fallu en premier lieu une unité de doctrine. […] Entre l’histoire silencieuse et cynique qu’auraient accepté de jouer les Russes et l‘histoire puritaine et simpliste que, sous l’aimable prétexte d’épargner sa tâche des historiens futurs, auraient accepté d’écrire les Anglo-saxons, il n’y eut de place que pour un compromis hypocrite. [...]. Au fond, peut-être aurait-il mieux valu se venger sobrement sans avoir l’outrecuidance de vouloir prévenir le jugement de l’avenir. […] En fin de compte, rien dans ce procès ne paraît spécialement digne d’approbation. […] l’évolution du droit ne peut être le moteur de l’histoire, elle ne peut que révéler, entre autres signes et après coup, l’orientation de celle-ci. » (Jean Pouillon, futur éthnologue, “A propos du procès de Nuremberg”, Les Temps Modernes, numéro 10, 1er juil. 1946, pp. 147-153).

  • 2 liberté6p // Jan 13, 2006 at 1:39

    Et si les chiffres de Hugo Chavez étaient bon !

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