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Asile en Grande-Bretagne : portes ouvertes pour les homos albanais

May 6th, 2006 · Commenter (Pas de commentaire)

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La Grande-Bretagne est une destination prisée des Albanais. Pourtant, ce pays n’accepte plus les demandeurs d’asile politique ou économique du Kosovo ou d’Albanie. De nombreux candidats à l’émigration ont trouvé une parade : ils demandent l’asile en tant qu’homosexuels victimes de persécution. Enquête sur un nouveau phénomène.

La semaine dernière, la Cour Suprême de Londres à accordé le permis de séjour en Grande-Bretagne à Emine Krasniqi, originaire du Kosovo, après qu’elle a déclaré qu’elle était lesbienne et qu’elle vivait avec une autre Albanaise, Alma Lamaj. Notre journal a fait des recherches sur les détails de la méthode consistant à demander l’asile en tant qu’homosexuel albanais persécuté, la seule « carte à jouer » par ceux qui rêvent d’obtenir des papiers en Angleterre.

Il semble que cette méthode devienne de plus en plus populaire parmi ceux qui viennent d’arriver sur l’île. Elle a été découverte par les avocats compétents qui connaissent de mieux en mieux, ces dernières années, la problématique des demandeurs d’asile.

L’Albanie ne figure plus depuis deux ans sur les « Listes blanches » du Home Office, le ministère de l’Intérieur britannique. À « l’époque dorée » des « Listes blanches », il était possible de demander l’asile en tant qu’Albanais persécuté au Kosovo, ou bien, pendant la période 1997-2003, en tant qu’Albanais d’Albanie d’opinion de droite persécuté politiquement par le régime socialiste de Fatos Nano.

Pour les avocats britaniques, maîtres dans les questions d’immigration, s’est ainsi fermée la possibilité de faire des affaires faciles, ils arrivent toujours à inventer pour leurs clients les moyens les plus camoufflés pour demander l’asile. Se déclarer homosexuel persécuté est la solution idéale, d’ailleurs unique pour le moment, pour demander l’asile en Angleterre.

Le mécanisme

Cette méthode est utilisé depuis peu de temps et elle semble porter ses fruits. Différents rapports mettent en évidence le fait que l’Albanie est un pays où l’homosexualité n’est pas encore acceptée par la société. Pour les demandeurs d’asile, c’est un atout majeur. Le non-respect de l’orientation sexuellle constitue pour le Home Office une forme de persécution qui va à l’encontre de la Convention Européenne des Droits de l’Homme.

« Ces derniers mois, nous avons eu plusieurs cas de jeunes hommes qui ont demandé l’asile en tant qu’homosexuels venant d’Albanie, et dont les droits étaient violés dans leur pays », a rapporté une source de confiance du Bureau National de l’Immigration au sein du Home Office. Cette source précise que « ceux qui font une telle demande, accompagné par leur avocat, remettent différents documents qui montrent que les homosexuels ne sont pas acceptés par la société albanaise ».

L’histoire des demandes d’asile par les Albanais devenus homosexuels par la force des choses ne diffère pas beaucoup des autres histoires d’émigration. D’après les responsables de l’Immigration National Directorate, l’essence de la demande d’asile demeure la persécution, autrement dit la violation des droits de la personne.

Les avocats et leurs clients

Mais que se passe-t-il dans les cabinets d’avocats impliqués dans le business, qui vaut des millions de livres, pour obtenir les papiers britanniques ? Tous ne parlent pas. Beaucoup de cabinets d’avocats ont refusé de commenter pour notre journal ce phénomène des demandeurs d’asile albanais homosexuels. Clément Banushi, travaillant comme adjoint dans un cabinet à Upton Paris, à l’est de Londres, quant à lui, n’était pas étonné par notre demande d’informations et de détails.

« L’année dernière, dans notre société, nous avons eu plusieurs cas comme ceux-là », nous a-t-il expliqué, sans donner de détails sur ses clients. Il n’a pas non plus donné de précisions sur les résultats de cette forme particulière de demande. « Le fait que cette méthode a commencé à être appliquée de plus en plus souvent montre qu’elle ne vous laisse pas repartir les mains vides ». Le Home Office étudie chaque cas selon le dossier de chaque personne et non pas comme un phénomène général. « L’avovat n’a pas le droit de conseiller ses clients sur la manière de demander l’asile. Ce serait enfreindre la loi. Mais sachant que beaucoup de traducteurs sont devenus millionaires en inventant des histoires pour demander l’asile, je n’exclus pas la possibilité que l’un d’entre eux ait donné des conseils ou des détails sur la façon d’obtenir l’asile en tant qu’homosexuel ».

E.L., 28 ans, a travaillé pour un magazine à Tirana, il est arrivé à Londres avec un visa en tant qu’étudiant d’anglais. En fait, il n‘avait pas l’intention d’entreprendre des études mais de demeurer en Angleterre en tant que migrant.

Il a trouvé tout de suite du travail dans un restaurant, au noir, puisque son visa ne lui permettait pas de travailler. Ce visa était pour un an, avec peu de chance de prolongation. Même s’il y a peu de temps il est arrivé à faire venir sa fiancée en Angleterre, il a l’intention de demander l’asile en tant qu’homosexuel, et sa fiancée comme lesbienne.

Son ami vivant à Londres a expliqué que cette idée lui a avait été soufflée par un interprète albanais. « Même s’il est fiancé, mon ami n’est absolument pas gêné de dire que c’est ainsi qu’il va demander l’asile, pour lui et pour sa fiancée. Ce n’est qu’une façon de rester en Angleteree, rien de plus ». Cet étudiant, ancien présentateur télé en Albanie, est dans la même position que son ami. Lui non plus ne serait pas gêné de demander l’asile en tant qu’homosexuel. « Si je peux avoir l’asile, pourquoi pas ? Qu’y a-t-il de mal à ça ? Lorsque notre pays ne nous garantit pas la libre circulation, il ne nous reste rien d’autre à faire que de trouver des moyens alternatifs pour rester en Angleterre », nous a-t il déclaré en nous priant de ne pas dévoiler son identité.

Des persécutions bien réelles

Les deux ministères britanniques les plus importants, le Home Office et le Foreign Office reconnaissent officiellement que les homosexuels albanais sont persécutés. Dans le dernier rapport du Foreign Office pour l’Albanie, daté du 14 février 2006, à côté des problèmes de sécurité dans certaines zones du pays, un paragraphe spécial souligne les problèmes des citoyens albanais homosexuels. Dans son rapport annuel sur la situation en Albanie, le Home Office britannique affirme qu’il y a une « aggravation de la persécution des Albanais homosexuels ».

Le rapport souligne dès ses premières lignes que certaines personnes qui ont demandé le droit d’asile en Angleterre ont basé leur demande sur cette aggravation de la persécution, par les autorités de l’État ou par des individus, à cause de leur orientation sexuelle. Les candidats à l’asile rappellent qu’un traitement qui ne respectent pas la dignité des homosexuels est contraire à l’article 3 de la Convention Européenne des Droits de l’homme.

Le Home Office illustre le rapport par un détail qu’il a emprunté à un rapport du Département d’État américain, où il est dit que « la discrimation de la société des homosexuels albanais a continué en 2004 ».

Plus loin, le rapport, citant le Groupe des Droits de l’Homme, souligne qu’en 2003 la police avait comme cible la communauté homosexuelle, et que lorsqu’un gay était conduit au commissariat, il était battu.

En conclusion, le rapport du Home Office dit qu’il y a « en Albanie une discrimination des homosexuels et que la police n’est pas capable de leur offrir une défense suffissante. »

Source : Gazeta Express



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