Il faut le reconnaître, les médias ne manquent pas de vocabulaire quand il s’agit d’évoquer l’ennemi : l’antisémitisme, le racisme, le révisionnisme, etc. Un nouveau vocable est venu récemment enrichir cette collection : le populisme.
Le plus remarquable est que ce terme ne vise pas aujourd’hui un représentant de l’extrême droite, mais bel et bien une personnalité éminente du monde politique, jusqu’ici respectée : Nicolas Sarkozy. Ceci, après ses déplacements à la Courneuve et les propos qu’il a tenu contre le banditisme.
Il convient de le souligner : cette façon brutale de montrer Sarkozy du doigt est un prélude à ce qui pourrait être une future exclusion du monde recommandable qui va des trotskistes et du Parti communiste à la chiraquie, en passant, bien sûr, par le Parti socialiste du petit benêt Hollande.
Il se trouve que, pour nos médiateurs, les choses s’aggravent puisqu’aux propos populistes de Sarkozy, vient de s’ajouter la réception à Matignon – par le Premier ministre – de deux représentants d’un parti populiste, raciste, antisémite, révisionniste, haï, maudit, etc., le Front national, en la personne de Carl Lang et de Jean-Claude Martinez.
Laissons de côté les émois de François Hollande et de l’ancienne stalinienne Marie-Georges Buffet, pour essayer d’analyser les comportements de Sarkozy et de Villepin, qui ne se sont peut-être pas concertés.
On peut dire que le premier spécule sur quelques récentes élections cantonales qui se sont caractérisées par la déroute au premier tour de quelques candidates du Front. Ce qui ne peut manquer de surprendre après la victoire éclatante du Non.
Si Sarkozy tente de rallier la base électorale du Front, Villepin cherche sans doute à exploiter les rivalités au sein de l’appareil. Comme les deux principales vedettes du FN, Le Pen et Gollnisch sont en voyage en Russie, Villepin, en recevant Carl Lang et Jean-Claude Martinez s’est peut-être dit qu’il susciterait moins d’horreur chez les archiprêtres médiatiques. Mais, il a aussi pu faire le calcul suivant : cet accueil est de nature à susciter des divisions chez les hauts cadres frontistes.
Ici, il convient de rappeler que Martinez préparait un livre comportant un certain nombre de critiques sur le fonctionnement du FN. Puis, on n’en a plus entendu parler. Sous le titre en une de Minute: « Martinez écouté par Villepin », l’hebdomadaire publie, le 29 juin, une longue interview du dirigeant frontiste, défini par le journal comme « un lepéniste inclassable. » Celui-ci révèle qu’il a renoncé à publier son livre chez Albin Michel. Il ajoute : « Je suis en train de retravailler le manuscrit. Ce livre, ce n’est plus à Jean-Marie que je l’adresse, mais au Front national. Ce mouvement doit à tout prix faire sa révolution culturelle. Le Front national, mouvement d’avenir, ne peut continuer à vivre dans le passé. »
Quelque lignes plus haut, le même Martinez avait affirmé que les problèmes de l’Europe étaient tant soit peu dépassés et qu’ils avaient désormais une dimension planétaire.
Il est probable que ces propos susciteront à l’intérieur du Front quelques discussions après le retour en France de Le Pen et de Gollnisch. Il serait prématuré de les évoquer avant la rentrée.
Roland Gaucher
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