AMI France
AMI France: En ces temps d'imposture universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire (G. Orwell)


Après les Poilus, la République célèbre les chevelus

May 8th, 2008 · Commenter (9 Commentaires)

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Par Olivier CARER

Depuis quelques temps, la déferlante soixante-huitarde submerge la France: tout le monde est prié de s’esbaudir devant une rébellion de carton pâte, de philosopher sur l’encanaillement printanier d’étudiants acnéiques et pourquoi pas de décerner à leurs auteurs, aujourd’hui grisonnants, une croix de guerre en récompense de faits d’armes d’opérette.

Impossible toutefois de dresser des monuments aux morts, aucun des héros de la « révolution », fils à papa d’une société qui s’ennuyait, n’y a trouvé la mort. Ceux qui ont résisté aux effluves du fumier du Larzac ou des fumées de Katmandou, n’ont pas résisté à celles du cigare. Gras, embourgeoisés et moralisateurs, ils se sont empressés de récupérer les fauteuils d’un pouvoir qu’ils prétendaient mépriser.

Les Zoulous de la Grande Borne plus forts que le Katangais de la Sorbonne

Même le bilan matériel d’un mois d’« événements » est à l’image du reste. Comparée à la moindre émeute de cité actuelle, son indigence fait figure de farce: moins de 300 voitures brûlées, neuf commissariats saccagés, moins de 2000 blessés, en bref, une non information dans la France d’aujourd’hui, une situation quotidienne dans le pays de Sarkozy. Un bilan qui, aux yeux des gamins de huit ans de cité, fait passer les dépaveurs parisiens de 68 pour des « bouffons de leur mère !». Plus que jamais, la Grande borne représente !

Libertaires-libertariens : les grandes retrouvailles

Quant à la grande révolution morale, professée par des maoïstes aujourd’hui reconvertis dans le droitdelhommisme alimentaire et conduite par certains leaders zélateurs de la pédophilie, elle a, au nom d’une liberté totalitaire, ruiné tout esprit altruiste et généralisé un individualisme prédateur. Quarante ans après, tout ce beau monde se retrouve empâté dans un consumérisme éhonté, supplétif du capitalisme mondial, à collaborer à l’avènement d’un grand marché globalisé. C’était bien la peine de jouer les Che Guevara en pataugas et cheveux gras.

Un seul crédo : profiter et vivre du travail des autres

Mais surtout, cette génération d’enfants gâtés qui aura vécu du labeur d’après guerre de leurs parents, abandonne à ses enfants une France ruinée et occupée. La dette publique de 2000 milliards d’euros qu’elle laisse en héritage avant de profiter d’une retraite encore confortable, aura servi à payer des années de conservatisme et d’improductivité. L’anémie des courbes démographiques de ces quarante foireuses traduit, avec l’affaissement de la puissance française, un égoïsme revendiqué par une génération épouvantée par les contraintes de la paternité. Les trente cinq heures auront été le couronnement coûteux et théorisé de cette fainéantise militante. Encore aujourd’hui, les derniers survivants s’accrochent au pouvoir en laissant aux jeunes les stages parkings et les petits boulots. Finalement, cette classe d’âge malfaisante aura vécu à crédit sans chercher à développer, sans réformer, sans réduire les dépenses publiques, sans se restreindre, en ouvrant toute grandes les portes pour faire travailler à sa place une main d’œuvre à bas prix venue d’ailleurs. De la planète entière, ils sont venus. Ils se sont installés.

Après les poilus, nos enfants devront-ils à, cause des chevelus, célébrer les barbus ?



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9 responses so far ↓

  • 1 Dirk // May 8, 2008 at 2:08

    Bravo pour ce bilan impitoyable et hélas vrai ! J’aurais évité quand même l’expression “classe d’âge malfaisante”, on ne choisit pas sa date de naissance !
    Je suis sidéré des recensions qu’on fait aujourd’hui de ces “évènements”, des renvois d’ascenseur entre les Bobos, produit pur sucre de 68, qui tiennent tous les leviers de l’information, et leurs copains éparpillés de l’ultra gauche à l’UMP !
    Ces révolutionnaires en peau de lapin qu’on fait passer aujourd’hui pour de sympathiques doux rêveurs utopiques auraient été de parfaits petits Pol Pot s’ils avaient accédé au Pouvoir (je les ai fréquenté de près!).
    De tous mes camarades de l’époque (j’avais 23 ans et je terminais mes études en fac), je suis le seul à avoir évolué dans le bon sens ! Les autres correspondent aux portraits divers ci-dessus : cadres libéraux rangés, se croyant “libérés”, profs bobogauchistes, élus locaux PS ou écolos, bref, tous du côté du manche ! La droite n’existait pas en fac à l’époque, et moi-même, j’allais très vite fuir cette chienlit bavarde et bordélique pour me rapprocher des Cocos purs et durs, qui représentaient à mes yeux le peuple, le vrai, et l’ordre ! Il existait une haine entre les cocos et les gauchos ! Je ne regrette pas cette expérience qui m’a beaucoup apporté. J’ai rencontré des métallurgistes lillois qui auraient peut-être nos idées aujourd’hui ! J’ai été invité dans des réunions de quartier, où toute présence de bronzé aurait été très mal vue ! Le peuple n’était pas encore tout à fait pourri à l’époque !
    J’allais virer définitivement en 1975 suite à une rencontre avec le GRECE. Après, c’est une autre histoire beaucoup trop longue à raconter. Mais d’une certaine manière, je suis resté REVOLUTIONNAIRE, en paroles et en ACTION ! Et Godverdomme, ça ne va pas diminuer en vieillissant !

  • 2 Blanchon // May 8, 2008 at 4:08

    Très poétique et très vrai, ce texte est en plus très actuel. Si le communisme révolutionnaire stalinien (et dérivés) n’est plus “à la mode” dans les milieux étudiants, celui ci a été remplacé par l’anti-racisme fanatique et les mouvements diverses de solidarité entre les étrangers (au mépris des français français).

    Un nombre incalculable d’étudiants d’une grande mixité sociale (ce n’est plus uniquement les fils de richoux parisiens) veulent “leurs Mai 68″. Ce “Mai 68″ attendu est plurielle. Certain le rêve en brûlant des voitures ou en exerçant violence et exactions diverses à grande échelle (émeutes de 2005) d’autres, plus conventionnels (et d’avantage bobos, riches et blancs) rêvent de dépaver les rues pour jeter des pavés sur des “CRS SS” de “Sarko Facho”…

    Peut être que dans 30 ou 40 ans nous retrouverons ces hurluberlus dans diverses niches du pouvoir politique?

  • 3 phénix // May 8, 2008 at 6:49

    On n’a pas encore entendu Thielemans là dessus … Je parie que le gouvernement fédéral va se déculotter “au cas par cas” comme en France …

  • 4 Galibot // May 9, 2008 at 8:04

    Bien vu Blanchon sur l’antiracisme, idéologie de substitution au marxisme et sur l’objectif d’un mai 08 antiraciste.

  • 5 Dirk // May 9, 2008 at 5:24

    Tous ces ex-68tards qui s’autocongratulent sont des maladifs narcissiques qui pleurnichent sur leur jeunesse, qu’ils ont ratée au fond ! Ils “commémorent” leur ego et rien d’autre ! “Ils ont les mains blanches” comme le disait une chanson anarchiste du début du siècle dernier !
    Ca fait belle lurette qu’ils ne sont plus “socialistes”, mais “de gôôôche” : pas pareil ! Leur projet aujourd’hui, c’est en effet la grande partouze du métissage !
    Un Peuple encore sain et vivant leur règlerait vite fait leur problème !

  • 6 phénix // May 9, 2008 at 9:27

    Bien dis mon cher Dirk . On dirait du Soral qui analyse avec pertinence l’antiracisme et l’idéologie du métissage lesquels jouent la même fonction épistémologique que la vulgate marxiste et la notion de lutte des classes des années 60 – 70 . C’est de la transgression et du libertinage d’assuré social … sans le chaos final et armagedon , l’ère des rentiers de 68 et de la mort douce des peuples d’Europe .

  • 7 Blanchon // May 9, 2008 at 9:43

    Les “mains blanches”? Désormais les jeunes n’ont que les mains, la plante des pieds et les dents qui sont blanches…

  • 8 Dirk // May 10, 2008 at 10:45

    Euh ! et encore Blanchon, que la paume des mains !!!

  • 9 lion // May 17, 2008 at 8:49

    Mille fois bravo Dirk

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