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AMI France: En ces temps d’imposture universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire (G. Orwell)


13 mai : l’anniversaire oublié

1:22 · Commenter (9 Commentaires)

Par Olivier Carer

Le tourbillon commémoratif des évènements de 1968 qui souffle sur la France, aura emporté sur son passage un anniversaire au moins aussi important.

Il y a cinquante ans, jour pour jour, débutaient à Alger les évènements qui avec le Comité de Salut public, allaient conduire le Général Salan à s’écrier du haut du balcon du Forum : «Vive la France, vive l’Algérie française…vive de Gaulle »,. Cette exhortation allait précipiter la chute d’un pouvoir déliquescent qui, selon l’expression de son secret instigateur, était à ramasser.

Forum 13 mai 58 : une tâche originelle

L’enterrement silencieux de ce cinquantenaire tient évidement au contexte particulier de ce mini 18 brumaire gaulliste. Difficile après une semaine de pleurnicherie collective sur l’esclavage et la colonisation, de fêter une accession élyséenne fondée sur la défense de l’Empire. L’histoire l’enseigne, la « mémoire », toujours soumise au politiquement correct, commande de l’oublier.

13 mai 68 vs 13 mai 58

Derrière ce non-anniversaire, transparaît en réalité le triomphe insolent de mai 68. Les hommes de 58 ne sont plus là pour commémorer cette victoire politique et leur talentueuse -et parfois cruelle- reprise en main de l’Etat.

Des bancs des facultés, leurs enfants ont organisé la revanche de la société civile sur l’Etat, du laisser-aller sur la volonté, du vouloir sur le devoir. Or, le pouvoir que les « révolutionnaires » soixante-huitards ont bourgeoisement récupéré commence aujourd’hui à vaciller. Comme pour tous les régimes chancelants, l’omniprésence des commémorations sert à en replâtrer les fondements.

La seconde victoire de mai 68

De leur côté, les héritiers autoproclamés du gaullisme, Sarkozy en tête, qui devaient jouer la belle, ont calé. Le nouveau président s’est gardé d’engager la rupture avec mai 68, expressément promise lors de la campagne.

Pire, le chef de l’Etat en arbore sans complexe les valeurs hédonistes jusque dans l’exercice d’un pouvoir dont il jouit, essentiellement pour ce qu’il lui apporte, ou même pour ce qu’il lui rapporte. Idéologiquement le Sarkozysme après le Chiraquisme s’est mis au service des idéaux soixante-huitards. Au gré des perpétuelles réformes constitutionnelles, le texte fondamental de la V ème République est devenu un chiffon de papier encadrant solennellement l’impuissance politique et l’omnipotence des forces sociétales. En matière économique, Sarkozy continue d’épuiser le legs d’une rente industrielle, du TGV à l’énergie nucléaire, sans être capable lui-même de définir de grands projets pour les trente ans qui viennent. Atlantiste, européiste et mondialiste affirmé, le nouveau président poursuit la dilution de la souveraineté française et promeut inlassablement une vision libérale d’inspiration anglo-saxonne.

Les pires des gauchistes y voient, avec un bonheur avoué, la concrétisation de leurs rêves internationalistes, individualistes et matérialistes.

Peu férus de Kremlinologie, les Français ne s’en rendent pas toujours compte. Derrière les commémorations, se profilent les options fondamentales d’un régime. De ce point de vue, les choix de Sarkozy qui traduisent un inquiétant tête-à-queue idéologique n’annoncent rien de bon.

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9 responses so far ↓

  • 1 Det // May 13, 2008 at 5:43

    Hommage à tout les anciens combattants,

    Une pensé particuliere au Lieutenant - colonel Bastien-Thiry, et à ses camarades.

  • 2 Nelly // May 13, 2008 at 6:53

    En effet, je me souviens de ce nom! Mon oncle avait envoye un cheque comme support a sa veuve( pas un gros cheque helas)…Ah ce De Gaulle…

  • 3 Thor // May 14, 2008 at 8:12

    Atlantiste, européiste et mondialiste affirmé, le nouveau président poursuit la dilution de la souveraineté française et promeut inlassablement une vision libérale d’inspiration anglo-saxonne

    Il est évident que Sarkozy est atlanto-libéral, mais pas un “européiste”, puisqu’il ne promeut pas une Europe indépendante des USA, bien au contraire. Il la vassalise sous le contrôle de l’OTAN, ce qui est bien différent. C’est un globaliste, un citoyen du monde, et mai 68 fut une “révolution” bourgeoise dont il est le digne héritier.

    Là encore, il convient de répeter que De Gaulle avait parfaitement compris que l’indépendance de l’Algérie était inévitable, du fait des pressions américaines et russes, du fait aussi de l’impopularité grandissante de cette guerre, et qu’elle était même souhaitable, pour libérer la France de ce boulet enchaîné aux pieds du peuple. On peut lui reprocher peut-être d’avoir été trop machiavélien, d’avoir dit “vive l’Algérie française” alors qu’il pensait le contraire. Mais il a estimé qu’il fallait mentir dans l’intérêt du peuple. Faut-il le condamner pour cela ? Ou plutôt le remercier ? Je le remercie d’avoir pratiqué une “amputation territoriale” salvatrice, pour reprendre l’expression de Lugan dans son “Pour en finir avec la colonisation”. Mais il a eu un grand tort, laisser lui succéder ce pantin des banques et des grands capitalistes, Pompidou. Qui détruisit toute l’oeuvre de son prédécesseur et ouvrir le bal des Giscard, Mitterrand, Chirac… et Sarkozy.

  • 4 vasionensis // May 14, 2008 at 9:11

    Je m’associe avec Det à la mémoire d’un des derniers officiers français dignes de ces titres.

  • 5 vasionensis // May 14, 2008 at 9:35

    L’article d’Olivier Carer est parfait.

    Comment les bien-pensants - du genre de ceux qui pensent que la fusillade du 6 février a sauvé la République, à laquelle nous devons par ailleurs tant de bienfaits - ont-ils pu nous priver de leur joie rétrospective de devoir l’étape gaulliste du naufrage de la France au double langage du personnage, et à la naïveté d’officiers qui jugeaient de sa loyauté à l’aune de la leur ?
    C’eût pu contribuer à lever l’épaisse chape de jobardise dont se coiffe si volontiers notre malheureux peuple - relisons les commentaires de César - plus particulièrement depuis la prodigieuse révélation - défense de rire ! - des Lumières - majuscule, SVP !
    Ils s’en sont sagement gardés !

  • 6 phénix // May 15, 2008 at 12:13

    Quand on pense que LE PEN soutenait l’Algérie Française … Imaginez votre quartier aujourd’hui pire qu’il n’est … La discrimnation positive serait depuis lontemps acquise et le président de la république un “indigène de la république ” . Et je ne parle pas de l’isolement international en Europe . A part Franco , on ne voit pas avecqui on aurait pû traiter . Merci , général de Gaulle !

  • 7 LE KET DE BRUXELLES // May 15, 2008 at 3:57

    “les choix de Sarkozy qui traduisent un inquiétant tête-à-queue idéologique n’annoncent rien de bon”…

    Quels choix de Sarkozy ? Des utopies tout au plus.
    Ce président bouffon a été mené par la main aux fonctions suprêmes, grâce aux manoeuvres du grand capital et à une habile mystification orchestrée par les médias “aux ordres”.
    Les veaux, préoccupés par leur pouvoir d’achat, leurs télés, leurs petites vacances et leur égoïsme se sont laissés cocufiés une fois de plus.

    Quel “tête-à-queue idéologique” ?? Aucune idéologie ou doctrine dans les discours aguicheurs et sirupeux du troll de l’Elysée !!

    Il prend le vent de l’opinion, renifle à gauche et paraît s’agiter à droite : en fait, il accumule les gaffes et les bourdes et courre derrière les anglos saxons pour tenter de paraître sur la scène internationale. PITOYABLE !!!!!!!!

  • 8 Det // May 15, 2008 at 8:30

    Et comme on chantait au fort d’ Ivry :
    ” Non, rien de rien, non, je ne regrette rien ! “

  • 9 Galibot // May 16, 2008 at 8:29

    Je crois au Ket de Bruxelles malheureusement qu’il y a une vraie idéologie derrière les décision de Sarkozyet une vraie volonté de la voir triompher quitte pontuellment à soutenir qu’il s’en écarte: mondialiste, ultralibérale, atlantiste…. le contraire totale de notre démarche politique.

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